Les discussions de préformation n'étaient pas loin d'aboutir à un accord qui aurait profondément changé la Belgique, a confié vendredi le préformateur Elio Di Rupo lors d'une conférence de presse qui a suivi son entretien avec le Roi. Le préformateur a insisté sur les efforts qu'il a fournis pour rapprocher les points de vue et a regretté le refus opposé par deux partis à la dernière proposition qu'il a formulée. "Nous avons laissé passer une chance de changer positivement la Belgique", a déploré M. Di Rupo.
Il n'a pas évoqué la N-VA et la CD&V
Pendant la conférence de presse, le préformateur n'a pas cité les deux partis. "J'ai évité de pointer du doigt qui que ce soit pour ne pas en rajouter", s'est-il justifié. Interrogé par les télévisions, il a toutefois évoqué la N-VA et le CD&V. Pas question en revanche de donner son sentiment: "si je devais dire mon sentiment, ce ne serait pas très sympathique".
Selon M. Di Rupo, les partis francophones n'avaient "historiquement" pas suffisamment entendu la volonté de transformation des électeurs flamands; ils ont toutefois fini par l'entendre et, aujourd'hui, "certains partis flamands" commettent à leur tour une erreur comparable.
Repartir sur une autre base
Le préformateur a énuméré les progrès qu'il avait engrangés et qui devaient permettre de déplacer le centre de gravité vers les entités fédérées. Il ne s'est néanmoins pas montré rassurant sur leur avenir.
D'après lui, il faudra repartir sur une autre base. "Le mieux, c'est de ne pas essayer de rafistoler", a-t-il souligné. Et d'ajouter: "En politique, rien n'est acquis tant que tout n'est pas acquis, donc rien n'est acquis".
"Pas la fin de la Belgique"
M. Di Rupo n'a pas voulu préciser quelle serait la suite des opérations. "Je ne souhaite pas la fin de la Belgique, c'est la raison pour laquelle il faut poursuivre le dialogue", a-t-il simplement dit.
Pour ce qui le concerne, le préformateur redeviendra président du Parti Socialiste dès que le Roi l'aura déchargé de sa mission. Il continuera à se montrer constructif et répondra positivement à toute initiative visant à sortir le pays de la crise.
"Vivre en paix"
M. Di Rupo a aussi averti qu'il mettra en avant la solidarité entre la Wallonie et Bruxelles. "Je continuerai à me battre pour que la solidarité entre Wallons et Bruxellois soit effective", a-t-il annoncé. Lors de sa conférence de presse précédente, M. Di Rupo avait mis en garde contre le "chaos" en cas d'échec de sa mission.
Vendredi, il a conclu son intervention sur un ton solennel: "J'espère que nous continuerons à vivre ensemble en paix et prospérité". (belga/chds)
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