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"Joëlle Milquet crache dans la main tendue"

7S7 mise à jour   Le sénateur Wouter Beke, vice-président du CD&V, s'en est pris durement à Joëlle Milquet dans une interview publiée ce lundi par le quotidien flamand De Morgen. "Elle a craché continuellement dans la main qu'on lui tendait", a déclaré M. Beke. Il a qualifié la présidente du cdH d'alliée objective du président de la N-VA, Bart De Wever, partenaire de cartel du CD&V.

Dans son discours devant les corps constitués, le Premier ministre Guy Verhofstadt avait expliqué que le transfert de compétences vers les entités fédérées ne devait pas s'accompagner d'aucun bonus financier vers celles-ci. Ce à quoi Mme Milquet avait répondu qu'il ne pourrait y avoir transfert de compétences sans transfert d'argent.

"Cela nous inspire de l'inquiétude, d'autant plus que nous avons fourni la clé pour hisser le cdH à bord de ce gouvernement", dit M. Beke en faisant référence à la désignation de Josly Piette au poste de ministre de l'Emploi et du Travail.

"Nous avons contribué à cela et maintenant Mme Milquet crache continuellement dans la main qu'on lui tend. Le paradoxe est qu'elle dit être pour la Belgique mais elle le fait uniquement parce que les entités fédérées ne peuvent financer elles-mêmes une série de choses. Elle a un réflexe régionaliste prononcé", dit M. Beke, connu comme l'idéologue du CD&V. Interrogé sur le point de savoir si Mme Milquet pouvait être considérée comme l'alliée objective de M. De Wever, M. Beke répond par l'affirmative.

Le sénateur revient également sur les négociations communautaires que mène un groupe de sages. Il n'exclut pas qu'un problème se pose lorsque ceux-ci reviendront devant leur parti et il s'en prend une nouvelle fois à la présidente du cdH qui a fait revenir le PS dans la majorité.

"Milquet aurait pu être plus honnête avec nous. Ce n'aurait pas été indécent si, juste après les élections, elle avait fait savoir qu'elle voulait inclure le PS. Mais elle a joué avec nos pieds. La clarté n'est venue que lorsqu'Yves Leterme a mis les francophones au pied du mur et leur a demandé de répondre à trois questions", a-t-il dit.

Le cdH a réagi par la voix de son porte-parole Alain Raviart et s'est dit "abasourdi" par les déclarations du sénateur Beke. "Le carnaval incite manifestement certains à beaucoup de fantaisie", a-t-il souligné. Le cdH a dit oui par trois fois à l'orange bleue, a rappelé M. Raviart. C'est lorsque la N-VA est revenue avec de nouvelles revendications communautaires, inacceptables pour les francophones, que les démocrates-humanistes ont dit non. Mais il s'agissait d'un non à la N-VA. Le cdH met d'ailleurs en avant les nombreuses propositions qu'il a formulées pour faire aboutir la coalition orange-bleue.

Le cdH tient par ailleurs à faire remarquer que c'est Yves Leterme lui-même qui a appelé la famille socialiste à rejoindre la majorité. "Que le CD&V balaie devant sa porte", a ajouté le porte-parole. Quant au "repêchage" du cdH dans le gouvernement, dont M. Beke attribue l'initiative à son parti, les centristes soulignent qu'ils avaient annoncé dans une conférence de presse qu'ils étaient prêts à quitter les négociations si cela permettait de débloquer la situation. "C'est à la demande d'autre partis, dont le CD&V, que nous sommes revenus", a encore dit le porte-parole. (belga/7sur7)

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