L'Eglise appelle le monde politique à réagir au désarroi des sans-papiers
Les évêques de Belgique ont appelé mercredi le monde politique à tout mettre en oeuvre pour trouver le plus rapidement possible une solution pour les personnes sans papiers, tout en demandant à ces dernières de cesser leurs grèves de la faim et de la soif.
"La crise politique que traverse notre pays ne doit pas faire oublier le désarroi de nombreux sans-papiers", souligne dans un communiqué le cardinal Godfried Danneels, président de la Conférence épiscopale de Belgique. Il appelle le monde politique à tout mettre en oeuvre pour que se dégage dans les meilleurs délais une politique de régularisation "réaliste, juste et généreuse".
Dans le même temps, le cardinal Danneels invite une nouvelle fois les grévistes de la faim ou de la soif à mettre un terme à leur action et à exprimer leur combat par d'autres moyens, qui ne mettent pas en danger leur santé ni même leur vie. "Puissent-ils plutôt unir leurs forces avec tous ceux qui, par des initiatives constructives, militent pour que soit trouvée à ce drame une issue politique digne de ce nom", insiste le cardinal Danneels.
Plusieurs groupes de grévistes de la faim et parfois de la soif ont décidé ces derniers jours de poursuivre leurs actions dans l'attente d'un titre de séjour et d'un permis de travail. La démission du gouvernement Leterme, toujours en suspens mercredi dans les mains du roi, en a même poussé certains à reprendre les actions qu'ils avaient interrompues. La crise politique repousse en effet la perspective d'un texte gouvernemental sur l'immigration et les sans-papiers avant les vacances parlementaires.
La ministre de la Politique de migration et d'asile, Annemie Turtelboom (Open Vld), s'était irritée, la semaine dernière dans la presse flamande, du soutien apporté par l'Eglise aux sans-papiers en grève de la faim. Elle visait notamment l'église Saint-Curé d'Ars à Forest, où sont hébergés 39 grévistes de la faim, et celle du Béguinage à Bruxelles, où des sans-papiers avaient mené une grève de la faim pendant 56 jours. "L'Eglise a le devoir d'offrir un toit à ces gens", avait alors répliqué le porte-parole du cardinal Danneels. (belga/7sur7)