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La Communauté germanophone veut également être présente

Si un dispositif de négociations impliquant les entités fédérées est mis en place, la Communauté germanophone veut y être présente, sans toutefois revendiquer un rôle en vue. "Nous voulons une petite place au coin de la table", a déclaré jeudi le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz.

Cette revendication ne fait pas oublier à M. Lambertz que les Germanophones constituent en Belgique une minorité "jusqu'à la fin des temps". Ils n'ont donc, en dehors de la présence qu'ils revendiquent, aucune ambition particulière à faire valoir au cours de la négociation institutionnelle. Même si la Communauté germanophone ne s'est guère exprimée dans le contexte de la crise politique actuelle, il y a une chose qui n'est pas négociable aux yeux de M. Lambertz: "l'existence même de la Communauté germanophone comme entité fédérée".

Depuis 1992, même s'ils ne le revendiquent pas nécessairement, les
Germanophones se sentent en mesure d'assurer toutes les compétences transférées ou à transférer aux entités fédérées, a-t-il précisé. De façon plus générale, le gouvernement germanophone souhaite de tout coeur un dénouement rapide de la crise, d'autant plus que le pays a besoin que l'on se préoccupe des problèmes socio-économiques.

Les Germanophones sont aussi convaincus de la nécessité d'un approfondissement du processus fédéral. Selon M. Lambertz, par rapport à une situation de blocage où une entité fédérée qui veut aller de l'avant fait face à une autre entité qui a longtemps essayé d'éviter cela, une évolution s'est produite, même lente, qui doit permettre de refaire une tentative pour aboutir à un accord.

Ce qui a changé, c'est que, d'une part, les Flamands se sont rendus compte qu'en Belgique, on ne pouvait pas faire passer du jour au lendemain une série de revendications et que d'autre part, une évolution "presque Copernicienne" s'est produite du côté francophone (avec la récente résolution du parlement wallon par exemple), même si en Flandre, on croit le contraire, estime le ministre-président.

Pour lui, les choses sont donc suffisamment en mouvement pour pouvoir espérer un sixième compromis à la Belge, à condition que chacun soit prêt à abandonner certains tabous et que l'on se donne du temps. Une telle grande négociation n'est donc envisageable qu'à l'issue des élections régionales de l'an prochain. Entre-temps, on peut essayer d'approfondir la réflexion.

Pour M. Lambertz, on s'oriente donc vers un processus cogéré par les entités elles-mêmes. Cette idée de faire jouer un rôle plus important aux entités est intéressante mais le processus à mettre en place mène lui-même au coeur du problème car il faudra trouver une formule de discussion où chacun peut sauver la face: les Flamands qui voient un dialogue entre deux Communautés et les Francophones qui parlent de trois Régions. Le gouvernement germanophone a longuement évoqué ces questions au cours de sa réunion de jeudi matin. (belga)
17/07/08 13h16
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