La presse francophone divisée sur le scénario de sortie de crise

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Par: rédaction
18/07/08 - 10h14
La une des quotidiens des 15 et 16 juillet.

La presse francophone était divisée vendredi sur le scénario de sortie de crise proposé par le Palais après son refus de la démission du premier ministre Yves Leterme. Si Le Soir ou La Dernière Heure se montraient acerbes, La Libre Belgique et Sud Presse, en revanche, reconnaissaient quelques mérites au scénario royal.

Le Roi a remis Yves Leterme en selle et désigné trois médiateurs en les personnes du député MR et ex-ministre-président bruxellois François-Xavier de Donnéa, de l'ancien ministre et président de la Chambre Raymond Langendries (cdH) et du ministre-président de la Communauté germanophone Karl Heinz Lambertz (PS).

Pour le quotidien Le Soir, le chef de l'Etat et les partis de la majorité viennent de gagner du temps, mais pas de la crédibilité. "Quel sketch! " critique Luc Delfosse. "Qui retrouve-t-on à la tête de l'exécutif ? L'homme aux trois échecs, prisonnier (...) du cartel dont il est issu".

Le quotidien vespéral n'est pas convaincu par le profil des trois médiateurs. "Là où l'on attendait le ministre-président wallon Rudy Demotte et son homologue flamand Kris Peeters, et où l'on espérait le Bruxellois Charles Picqué", on s'étonne de "voir débouler" trois ministres d'Etat "dont le moins que l'on puisse dire est qu'ils incarnent une vision sinon surannée du moins hypertraditionnelle de la Belgique", relève Luc Delfosse. Il s'agit selon lui d'un "signal exécrable" au pays.

Même ton acerbe dans La Dernière Heure, où Christian Carpentier qualifie la sortie de crise de "profondément médiocre". "La mission confiée aux sages permettra seulement aux ténors des partis de prendre ce repos aussi mérité pour certains que nécessaire pour d'autres", résume-t-il.

Yves Leterme, lui, sort "amputé" de la crise, estime la DH, et "décrédibilisé à jamais aux yeux des citoyens ainsi que de ses pairs sur la scène internationale". La seule bonne nouvelle de ce "vaudeville bas de gamme" est que le premier ministre ne sera plus directement à la manoeuvre communautaire, ajoute Christian Carpentier.

Le ton se fait moins dur dans les pages des quotidiens du groupe Sud-Presse. En avançant deux médiateurs qu'il qualifie de "royalistes" et un troisième, ministre-président d'une région royaliste, Louis Maraite voit une manoeuvre "machiavélique" d'Albert II. "Deux Bruxellois comme pour confirmer que c'est bien autour de la Région de Bruxelles-capitale que tout tourne, un germanophone pour l'exemple (...). Bien joué Sire, bien joué Leterme... Voilà trois hommes et un coup fin", estime-t-il.

La Libre Belgique défend également le scénario royal, remarquant d'emblée qu'il n'existait aucun bon scénario pour sortir de cette crise. Michel Konen estime lui aussi qu'Yves Leterme sort amputé, "une demi-portion en quelque sorte", puisqu'il aura pour unique tâche de prendre en charge le dossier socio-économique.

Mais il voit pour sa part une touche de "génie belge que n'aurait pas désavouée Ubu" dans le fait de retirer le volet communautaire au premier ministre et de le confier à trois "sages francophones" (englobant sous ce qualificatif le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz, NDLR), répondant ainsi à la demande du cartel CD&V/N-VA de solliciter les francophones.

"De la grande plomberie politique", résume Michel Konen, qui juge qu'Albert II a dénoué le fil de la crise et s'est offert ainsi un "joli cadeau pour la fête nationale". (belga)

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