Les trois médiateurs chargés par le roi d'examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel ont entamé la rédaction de leur rapport qu'ils transmettront au chef de l'Etat jeudi matin, a-t-on appris lundi.
François-Xavier de Donnéa, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz n'ont pas prévu à leur agenda de nouvelles consultations lundi, n'excluant pas l'un ou l'autre contact téléphonique. Il n'est pas impossible toutefois qu'ils consultent encore d'ici jeudi.
Les médiateurs ont rencontré vendredi, pour la deuxième fois, le premier ministre Yves Leterme. Ce dernier venait de présider son dernier Conseil des ministres avant les vacances. François-Xavier de Donnéa, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz se sont également entretenus, durant le temps imparti par leur mission, avec les ministres-présidents, les présidents de partis de l'Octopus et ou les vice-premiers ministres ainsi que les présidents d'assemblée.
Le trio pourra prendre acte dans son rapport, qu'il remettra jeudi au roi, de ce que l'ensemble des partis entendus est disposé à participer à une grande réforme de l'Etat qui pourrait naître d'un important dialogue institutionnel.
Au sein du cartel CD&V/N-VA, on souhaite que ce dialogue soit mené de Communauté à Communauté, en vue pour d'aucuns, de s'inscrire dans la voie du confédéralisme. Côté francophone, on souligne la nécessité d'associer Bruxelles aux discussions. Telle est également la volonté du ministre Open Vld Guy Vanhengel. "Bruxelles, c'est la Belgique en miniature. Il faut nous reconnaître, voire s'inspirer du fonctionnement de Bruxelles", précise-t-il lundi au quotidien Le Soir dans une interview croisée avec le ministre-président Charles Picqué.
Côté francophone, on ne remise pas la dimension fédérale d'un éventuel dialogue. Celui-ci pourrait associer, outre les entités fédérées, des présidents de parti ou des vice-premiers ministres fédéraux ou encore les présidents d'assemblée. Le président du Sénat, Armand De Decker, a proposé de réunir un Congrès fédéral appelé à négocier un nouveau pacte belge. Cette formule, appuyée par le PS, réunirait au Sénat l'échelon fédéral, les trois Régions et les trois Communautés.
Le cartel CD&V/N-VA attend pour le 31 juillet des garanties qu'il y ait une réforme de l'Etat. Le président de la N-VA, Bart De Wever, avait indiqué il y a deux semaines qu'il ne soutiendrait plus le gouvernement en l'absence de garanties le 31 juillet. Soulignant, entre-temps, que cette échéance avait été fixée par le Roi, il a indiqué que la mission de médiation constituait "l'ultime méthode pour trouver une solution". Il a évoqué le délai des élections de 2009 pour la réforme de l'Etat sans quoi les populistes seront les grands vainqueurs. Le président de la N-VA a qualifié de "très valables" les trois médiateurs.
Le roi a chargé François-Xavier de Donnéa, Raymond Langendries et Karl-Heinz Lambertz d'examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel. Le chef de l'Etat leur a demandé de faire rapport le 31 juillet. Ensuite, ils pourront éventuellement être reconduits ou d'autres médiateurs pourront être désignés, par exemple jusqu'à la rentrée, indiquait un cacique en fin de semaine dernière. Entre-temps, le gouvernement est parti en vacances. Le parlement était déjà en régime de congé depuis quelques jours. (belga)


