Les médiateurs font le point

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Par: rédaction
31/07/08 - 15h45

Les partis de l'Octopus sont d'accord sur le fait que le dialogue interinstitutionnel qui doit conduire à une grande réforme de l'Etat devrait commencer avant le début de l'année parlementaire, et que toutes les entités fédérées ainsi que l'Etat fédéral devront participer à ce dialogue.

C'est ce qu'ont indiqué ce jeudi les trois médiateurs royaux, les ministres d'Etat François-Xavier de Donnéa (MR) et Raymond Langendries (cdH), et le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz (PS), après avoir été reçus par le Roi, à qui ils ont fait rapport sur la mission dont ils avaient été chargés et dont le but était "d'examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel".

Avant la rentrée
Les médiateurs ont mis en exergue, lors d'un briefing de presse au Sénat, quatre acquis de leur mission: tous les interlocuteurs se sont dits prêts à un dialogue interinstitutionnel qui doit mener à une réforme de l'Etat approfondie; tous les interlocuteurs sont d'avis que toutes les entités fédérées et l'Etat fédéral doivent être représentés dans le dialogue; tous les interlocuteurs sont aussi d'avis qu'un "rôle substantiel" doit être confié aux entités fédérées ou à ceux qui les représentent, et enfin tout le monde est d'avis que le dialogue doit démarrer avant la rentrée parlementaire de la mi-octobre.

Peaufiner la méthode
"Le travail qui nous reste à faire est essentiellement de peaufiner la structure et la méthode de travail de ce dialogue", ont-ils souligné. Pendant le mois d'août, les médiateurs auront des contacts discrets et informels avec diverses personnalités et pas seulement des représentants du monde politique. Ils reprendront ensuite leur mission de façon plus structurée, ont-ils encore précisé. Il n'était pas possible de poursuivre maintenant, car les principaux interlocuteurs prennent quelques jours de vacances bien mérités, a notamment souligné M. de Donnéa.

Nouvelle dynamique
Les trois médiateurs se sont dits optimistes quant à leurs chances de réussir à faire démarrer ce dialogue interinstitutionnel. Ils disent avoir constaté une "nouvelle dynamique" et ont aussi indiqué ne pas avoir l'impression que le gouvernement pourrait tomber dans les prochains jours.

Prolongation logique
Pour eux, ce n'est pas une surprise que leur mission soit prolongée. "Cette prolongation est logique. Il n'était pas possible de trouver une solution en 10 jours alors qu'on la cherche depuis plus d'un an", a dit Raymond Langendries. "Notre tâche est maintenant de mettre autour de la table les partis de ce qu'on appelle l'Octopus pour démarrer un dialogue constructif", a-t-il ajouté. M. Langendries a encore indiqué que dans la suite de leur mission, ils formuleront des propositions concrètes -ce qu'ils n'ont pas fait jusqu'à présent.

Obstacles
Karl-Heinz Lambertz a comparé la négociation qui va s'ouvrir à une balade en bateau. "Nous devons veiller à faire partir le bateau sachant qu'il naviguera souvent sur une mer agitée", a-t-il dit.

Institutions de la Constitution
Sur l'expression nouvelle de "dialogue interinstitutionnel", les trois médiateurs ont souligné qu'elle résumait bien ce que devait être ce dialogue en impliquant toutes les institutions inscrites dans la Constitution.

Premiers pas
Pour François-Xavier de Donnéa, appuyé par ses collègues, les quatre acquis de leur mission qu'ils ont mis en avant sont des garanties pour l'ouverture de discussions devant conduire à une profonde réforme de l'Etat. "Il appartient à ceux qui ont posé des conditions d'apprécier ce qui est acquis", a-t-il ajouté. Il a reconnu qu'il n'y avait certes pas d'accord sur la finalité de la discussion, "mais cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas commencer la discussion, au contraire".

Rapport d'un trio
Les trois médiateurs ont insisté sur le fait qu'ils ont travaillé en parfaite entente et qu'ils forment un collège. "Le rapport remis au Roi est notre rapport et n'engage que nous-mêmes, même si le Premier ministre Yves Leterme était présent à l'audience et qu'il couvre le communiqué diffusé par le Palais après l'audience qu'il nous a accordée", a encore indiqué M. de Donnéa.

"Crocodiles"
Enfin, les trois médiateurs ont affirmé qu'ils n'étaient pas sensibles aux pressions qu'on voudrait faire peser sur eux en raison même de leur position. Ils reconnaissent être des "crocodiles" de la politique. "Les crocodiles sont une race très ancienne, qui vit très longtemps et qui n'a pas de prédateur... sauf l'homme", a conclu M. de Donnéa. (belga)

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