Calme plat politique en attendant septembre
Au lendemain du jour J, tout le monde est parti en vacances avec à l'esprit une nouvelle date butoir, celle du 21 septembre. Ce jour-là, la N-VA réunit un congrès pour évaluer les avancées sur le front communautaire et cette évaluation, de l'avis du président Bart De Wever, a beaucoup de chance d'être négative.
Le 27 septembre, le CD&V a prévu de longue date un congrès mais on peut supposer que les sociaux-chrétiens flamands y aborderont aussi l'actualité politique. Jeudi, les trois médiateurs royaux ont fait rapport au Roi sur leur "mission d'examiner de quelle manière des garanties peuvent être offertes pour entamer d'une manière crédible un dialogue institutionnel".
Maigres progrèsMM. de Donnéa, Langendries et Lambertz ont mentionné que durant leur mission des progrès ont été réalisés. En conséquence, ils sont disposés à poursuivre leur travail en particulier sur la structure de dialogue interinstitutionnel devant conduire à une réforme approfondie de l'Etat.
A l'autopsie, les progrès réalisés semblent assez maigres et la seule nouveauté est un néologisme de plus dans le langage politique belge, celui de "dialogue interinstitutionnel" dont la définition reste à négocier. On bute en effet toujours sur la composition du groupe de négociateurs.
ReprésentationPour les flamands et plus spécialement pour le cartel CD&V/N-VA, la négociation doit être conduite par le duo des ministres présidents flamand et wallon/francophone Kris Peeters et Rudy Demotte. Pour les francophones, Bruxelles et le fédéral doivent être associés sur un pied d'égalité aux discussions.
Dans un interview au
Soir vendredi matin, le vice-premier ministre président du MR Didier Reynders disait qu'il était "très ouvert, à deux conditions" sur la composition de ce groupe de négociation. Il veut "que chaque institution soit correctement représentée, c'est-à-dire les trois Régions, les trois Communautés et le fédéral" .
Et d'ajouter: "de nombreuses solutions sont possibles. Mais chaque parti doit être correctement représenté, en fonction de son poids électoral. Si on me dit
vous n'êtes pas représentés aux Régions et Communautés et vous resterez sur un coin de table, je dis: pas de problème. Mais je ne me sentirai absolument pas tenu par ce qui pourrait sortir de là. Or, j'ai rappelé à qui de droit qu'en bout de course, c'est la Chambre et le Sénat qui doivent voter les textes qui concrétisent l'accord. Modestement, à la Chambre, nous n'avons que 23 sièges. Ce n'est pas beaucoup, mais si on veut les deux tiers, il faudra compter sur nous..."
Le MR n'est en effet pas au pouvoir ni à la Région bruxelloise, ni à à la Région wallonne, ni à la Communauté française et un dialogue qui se limite à une discussion entre les "deux grandes communautés linguistiques du pays", comme le demande notamment le cartel, exclurait le MR de la négociation.
Enfin, on remarquera encore que même Karl-Heinz Lambertz, le ministre-président du gouvernment germanophone, un des trois médiateurs royaux, n'est plus très sûr de l'avenir du pays. "Voici deux ans, j'aurais dit que l'éclatement de la Belgique est un beau sujet de fiction. Aujourd'hui, mon pronostic est plus réservé", a-t-il dit dans une interview à l'hebdomadaire
Le Vif de cette semaine.