Ecolo a appelé samedi le gouvernement fédéral à se mettre au travail. Les crises économiques et institutionnelles se rejoignent et le chaos politique n'est plus très loin, estiment les Verts francophones.
"Nous sommes au carrefour de toutes les crises. Il y a la crise économique et ses conséquences. Et si on ajoute à cette angoisse, une angoisse démocratique de politiques impuissants parce qu'ils sont paralysés par le dialogue institutionnel, on est proche d'un chaos politique", a souligné le co-président d'Ecolo, Jean-Michel Javaux, en marge des Rencontres Ecologiques d'Eté à Borzée.
Pour Ecolo, il n'y a plus de temps à perdre. Le gouvernement doit prendre les problèmes à bras-le-corps en commençant par revoir son ajustement budgétaire d'avant les vacances qui, selon le parti, s'est fondé sur des chiffres qui ne tiennent pas la route. Il appelle aussi à ce que, sans délai, la question de la circulaire organisant la régularisation des sans-papiers soit réglée plutôt que d'être envoyée à nouveau vers des groupes de travail.
Sur le plan institutionnel aussi, les travaux doivent reprendre. "Que l'on lance ce dialogue le plus vite possible. Tous les outils sont là. Mais politiquement, y a-t-il une volonté et une capacité de le faire, particulièrement du côté du CD&V qui tire le débat vers les ultimatums et avec un premier ministre qui a revêtu le costume du premier ministre mais ne produit rien de fédérateur ?", s'est demandé la co-présidente Isabelle Durant.
A l'heure où les médiateurs royaux vont reprendre leur mission et essayer de trouver une formule de dialogue "interinstitutionnel", Ecolo rappelle les vertus du "comité des sages" créé dans le cadre des négociations Octopus, composé de personnes expérimentées, qui avaient la confiance de leurs partis et travaillaient dans la discrétion. Quoi qu'il en soit, dans un dialogue sur une base institutionnelle, il importe aux yeux d'Ecolo que toutes les entités soient représentées : le fédéral, les trois Communauté et les trois Régions, y compris Bruxelles, au même titre que la Wallonie et la Flandre.
La question de la place de Bruxelles paralyse ce dialogue depuis deux mois. Le cartel CD&V/N-VA privilégie un modèle de Communauté à Communauté, où Bruxelles n'est pas représentée. Cette position cabre les francophones et ne fait pas non plus l'unanimité en Flandre. Présente aux Rencontres écologiques, la présidente de Groen !, Mieke Vogels, n'a pas caché sa préférence pour un modèle fondé sur trois Régions.
"Bruxelles est une Région à part entière. Si les discussions communautaires vont vers les Régions, il doit y avoir trois partenaires : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles", a-t-elle expliqué en marge d'un atelier. Au cours de ces Rencontres, Ecolo a réservé une place importante à ses camarades de Groen ! invités à animer un atelier consacré aux relations entre Flamands et francophones. Les deux partis vont par ailleurs organiser des jumelages entre leurs sections locales pour favoriser une meilleure connaissance réciproque des deux communautés linguistiques du pays.
Ces éditions des Rencontres écologiques d'été ont rencontré un franc succès, estiment les organisateurs, puisqu'elles ont déjà attiré plus de 1.000 personnes, un record depuis leur création. (belga)


