MISE À JOUR
Le congrès du CD&V a approuvé samedi, à 82,3 pc de oui contre 17,7 pc de non, une résolution qui donne le feu vert à la participation du parti au dialogue de Communauté à Communauté et à la poursuite du gouvernement fédéral pour répondre aux défis économiques et sociaux. Auparavant, le congrès avait rejeté à une large majorité (70,7pc) la résolution déposée par les Jeunes CD&V demandant au parti de quitter le gouvernement fédéral.
Pas responsable de la chute du cartel
Il était déjà apparu, avant le début du congrès, que les leaders du parti allaient défendre avec force le choix de l'assemblée générale de participer au dialogue et de poursuivre la participation au gouvernement fédéral. Il était également clair que les militants étaient prêts à les suivre. L'impression s'est confirmée dès le début de la séance plénière du congrès et le rapport des trois groupes de travail. La confirmation a encore été plus évidente lors des discours, très applaudis, du vice-premier ministre Jo Vandeurzen, du ministre-président flamand Kris Peeters et du premier ministre Yves Leterme.
Jo Vandeurzen a fait l'historique du cartel, du retour au pouvoir du CD&V d'abord au niveau régional flamand puis au niveau fédéral après des négociations particulièrement difficiles et comment on en était arrivé à envisager un dialogue de Communauté à Communauté. Il a insisté, comme Yves Leterme et Kris Peeters, sur le fait que le CD&V n'était pas responsable de la fin du cartel mais que la situation actuelle découlait du refus de la N-VA de participer au dialogue communautaire.
"Nous ne pouvons rester sur le bord du chemin"
"Je ne choisis pas un parti qui dit toujours non. Nous voulons une réforme de l'Etat, pas pour elle-même mais parce que cela va améliorer la situation des citoyens. Je suis aussi membre d'un parti qui veut défendre les gens, pour lequel les thèmes socio-économiques et de société sont essentiels et pour lequel la solidarité interpersonnelle est importante. Malgré l'insécurité qui pèse sur le résultat de la négociation, je suis d'avis qu'il faut en saisir la chance et je veux croire au succès", a-t-il conclu.
Kris Peeters a abondé dans le même sens. "Nous ne pouvons rester sur le bord du chemin. Nous devons saisir à deux mains la chance qui nous est offerte de réaliser ce que nous voulons. Pour la première fois, les entités fédérées vont décider de la réforme", a-t-il dit. Il a aussi insisté sur le fait qu'il avait la garantie qu'il n'y aurait pas de négociations parallèles sur Bruxelles-Hal-Vilvorde. "Nous ne sommes pas sûrs de réussir, mais si nous n'y participons pas, nous sommes sûrs que cela ne réussira pas", a-t-il encore lancé.
"Moment de vérité"
Le premier ministre Yves Leterme a lui aussi mis l'accent sur le sens des responsabilités des sociaux-chrétiens et sur le fait que le CD&V n'est pas un parti monothématique. Tout en insistant sur le fait que son parti a été loyal à l'égard de la N-VA, il a souligné que ce congrès était "un moment de vérité". "Si nous voulons une grande réforme de l'Etat, nous devons prendre nos responsabilités", a-t-il dit. Et d'insister sur l'importance des dossiers socio-économiques à l'heure de la crise financière internationale.
Enfin, après le vote de la résolution qui consacre la participation au dialogue communautaire et la poursuite du gouvernement fédéral, la présidente Marianne Thyssen a elle aussi souligné le sens des responsabilités du CD&V et a indiqué que, comme le demandent les militants, le parti mettra sur pied une commission de suivi de la négociation institutionnelle. Elle a aussi rappelé que son parti avait été loyal à l'égard de la N-VA et qu'il respectera les engagements locaux et provinciaux.
Fidèle à "notre ligne flamande"
"Nous avons établi notre ligne flamande en 2001 en choisissant la logique confédérale dans laquelle les Etats fédérés deviennent le moteur de la réforme et les éléments essentiels de l'Etat. Dans 8 jours commenceront des négociations où Kris Peeters représentera le gouvernement flamand. Pour la première fois de notre histoire, les deux grandes communautés négocieront directement les nouvelles structures de l'Etat", a-t-elle dit.
Et d'ajouter que le CD&V veut participer à cette négociation parce qu'il défend l'idée d'une grande réforme de l'Etat mais ne veut pas créer le chaos. Elle a appelé les autres partis flamands à participer aux côtés du CD&V aux négociations. Elle a aussi demandé aux partis francophones de collaborer pleinement "dans l'intérêt de leur avenir, de l'avenir du pays et de sa survie".
Elle a conclu en soulignant les défis qui attendent le gouvernement fédéral dont la confection du budget 2009 qui sera "difficile car le CD&V refuse de mener une politique de Saint Nicolas comme le faisait la coalition violette". Enfin, on relèvera encore que dans le rapport des groupes de travail qui se sont réunis à huis clos, il apparaissait chaque fois des interrogations sur la participation au dialogue du président du FDF, Olivier Maingain. (belga)


