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La présidente du sp.a défend son parti et attaque les libéraux

La présidente du parti socialiste flamand, Caroline Gennez, a défendu dimanche, en dépit des mauvais sondages, l'orientation donnée à son parti, démontant les arguments avancés par une série de mandataires critiques dont l'ancienne figure de proue Louis Tobback. Le sp.a a conclu dimanche à Bruxelles un congrès de deux jours.

Le sp.a est un parti qui se veut sincère, qui soulève les problèmes et les résout, a dit Mme Gennez, prenant pour exemple une proposition de loi visant à empêcher qu'une augmentation des revenus bruts de pension, salaire ou allocations n'entraîne une diminution des ressources en net.

Réalisme et idéalisme
Caroline Gennez a appelé les militants du sp.a à ne pas laisser tomber leurs ambitions idéalistes, car "nous deviendrions alors un parti conservateur", a-t-elle dit. Elle invite cependant les forces vives du parti à ne pas renoncer au réalisme, car "nous deviendrions alors un parti d'extrême gauche". Mme Gennez lance ainsi une pierre dans le jardin du mouvement "sp.a Rood" de l'ex-candidat à la présidence Erik De Bruyn qui en appelle à un important coup de barre à gauche.

La présidente du sp.a a également invité les militants à ne pas se laisser tenter par le populisme. "Un Dedecker rouge n'existe pas. Ce serait comme un Louis violet (Tobback avait toujours été opposé à la coalition entre socialistes et libéraux) ou un Leterme sincère", a-t-elle dit.

Di Rupo
Concernant les critiques, Mme Gennez a souligné que le sp.a soutenait la culture du débat ouvert. Elle a cependant mis en garde de ne pas donner le sentiment de vouloir trop se regarder le nombril. Le président du PS, Elio Di Rupo était l'invité de cette journée de clôture dimanche et a été chaleureusement applaudi par la salle.

Paradoxal hasard, les applaudissements nourris accueillant M. Di Rupo se faisaient encore entendre au moment où se projetait un petit film montrant le sp.a... fustiger sans retenue l'action du gouvernement.

Libéraux
Le discours de la présidente s'est essentiellement focalisé contre les libéraux flamands accusés de vouloir effectuer des coupes sombres dans la fonction publique et de n'avoir toujours rien compris quant à l'origine de la crise financière. "A l'Open Vld, ils n'ont pas encore perçu que le néolibéralisme de certains avait couru à sa perte à l'instar du communisme en 1989. Il s'agit d'une idéologie qui en quelques semaines de temps vient de connaître la faillite. Alors que l'industriel Karel Vinck dit qu'il est furieux sur les banques, Karel De Gucht continue à dire de Maurice Lippens que c'est un chic type. Si on ne les retient pas à l'Open Vld, ils sont encore capable de désigner M. Lippens comme manager de l'année", a-t-elle ironisé.

Selon Caroline Gennez enfin, si chacun est convaincu depuis la crise financière de la nécessité de renforcer les pouvoirs publics, il faut éviter la tentation de plaider en faveur de l'Etat pour l'Etat. "Nous avons besoin d'un Etat intelligent qui défende nos intérêts communs", a-t-elle dit.

Bon capitaine
L'une des figures de proue du sp.a, le vice-ministre-président flamand Frank Vandenbroucke a indiqué ne pas avoir compris les critiques visant la direction de son parti. Il a dit soutenir sa présidente "à 200%". De nombreuses critiques ont été entendues ces dernières semaines notamment dans le chef de Louis Tobback sur la manière dont le sp.a jouait son rôle d'opposition au fédéral.

Ces critiques déplaisent à Frank Vandenbroucke. "Caroline Gennez est un très bon capitaine. Elle est sur la bonne voie. Quand on embarque sur un petit bateau, on ferait mieux de tous choisir la même direction. Gennez est le meilleur choix comme président de parti. Elle vient de prouver avec ce congrès qu'elle appréhende correctement les choses", a indiqué Frank Vandenbroucke.

Récemment, Frank Vandenbroucke s'était également démarqué de la direction du parti sur la voie à suivre en matière institutionnelle. Alors que les socialistes flamands hésitaient à encore participer aux discussions, Frank Vandenbroucke avait menacé de démissionner de son poste de ministre flamand. Frank Vandenbroucke participe aujourd'hui au dialogue interinstitutionnel et tout semble être rentré dans l'ordre avec sa présidente.
19/10/08 15h43
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