La Communauté germanophone, 4e entité fédérée?
Le ministre-président germanophone Karl-Heinz Lambertz est d'avis que dès lors que la négociation institutionnelle débouchera sur davantage de compétences attribuées aux entités, la Communauté germanophone prendra celles qui lui reviennent, jusqu'à être dotée des mêmes que celles des autres entités fédérées.
Il estime par ailleurs que les solutions sur les gros dossiers institutionnels n'interviendront qu'entre les élections régionales de 2009 et les législatives de 2011. M. Lambertz a évoqué mercredi soir à Bruxelles devant un public germanophone belge et international son expérience récente de "médiateur royal". Abordant l'évolution institutionnelle actuelle, il a répété que la Communauté germanophone n'était pas demanderesse d'un changement. Mais comme celui-ci lui paraît inévitable, il pense qu'à terme, il n'y aura pas d'autre choix que de considérer la Communauté germanophone comme une entité fédérée "comme les autres".
En marge de sa conférence, il a d'ailleurs indiqué que dans la configuration institutionnelle actuelle, les synergies renforcées entre Région wallonne et Communauté française mettaient régulièrement la Communauté germanophone hors-jeu. "On ne recherche pas les problèmes mais on ne peut chaque fois aller en demandeurs auprès de la Région wallonne lorsqu'elle mène des politiques avec la Communauté française', a-t-il dit.
Par ailleurs, le ministre-président germanophone a souligné la forte différence qui existe à ses yeux entre les enjeux électoraux régionaux en Flandre et dans la partie francophone du pays et l'importance pour chaque partie de comprendre les enjeux avec lesquels l'autre partie est confrontée. Si en Wallonie, c'est la place de premier parti qui se joue entre le PS et le MR, en Flandre, c'est un combat entre ceux qui veulent encore maintenir un cadre belge et les séparatistes", a-t-il dit.
C'est la raison pour laquelle il estime que les négociateurs flamands ne pourront prendre le risque d'un compromis sur des sujets majeurs comme Bruxelles-Hal-Vilvorde avant les élections régionales (même si un paquet "bis" est possible). Après le vote régional, ce sera possible, en se réservant une fenêtre d'un an avant les élections législatives pour mettre le système en place, estime Karl-Heinz Lambertz. Il a aussi affirmé que la crise financière avait quelque peu montré l'importance relative de la réforme institutionnelle. Ce ne sont pas les entités fédérées qui auraient eu les moyens financiers de renflouer les banques, a-t-il fait remarquer.
Il évoquera la place de la Communauté germanophone dans la nouvelle architecture institutionnelle belge lors de la fête de la Communauté germanophone, le 15 novembre. (belga)