"Si la nomination est une condition, le dialogue sera impossible"
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Si les partis francophones font d'une solution dans le dossier des trois bourgmestres une condition pour reprendre le dialogue communautaire et conclure des accords partiels en matière institutionnelle, la reprise de ce dialogue ne sera pas possible, a averti mercredi le ministre-président flamand, Kris Peeters, à la tribune du parlement flamand.
Lundi, le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen, a décidé une nouvelle fois de ne pas nommer les bourgmestres francophones de Crainhem, Wezembeek-Oppem et Linkebeek. Mardi, à l'issue d'une réunion commune, les présidents des partis francophones se sont adressés à M. Peeters. Ils voulaient savoir si le gouvernement flamand assumait dans son ensemble cette décision. Ils attendaient aussi de lui qu'il leur indique les conséquences qu'il en tirait pour le dialogue de Communauté à Communauté.
"S'ils changent leur attitude"Le ministre Keulen reproche aux candidats-bourgmestres d'avoir enfreint la législation linguistique en envoyant des convocation électorales en français aux électeurs francophones. Le trio va probablement se présenter à nouveau au poste mayoral. Mais sans "faits nouveaux", le ministre Keulen n'est pas prêt à changer de ligne de conduite, a-t-il indiqué mercredi.
"Je suis le premier à vouloir donner une seconde chance aux gens. C'est ce que j'ai fait à Rhode Saint-Genèse. La bourgmestre francophone Myriam Rolin avait envoyé des convocations électorales en français pour les élections de 2006, mais elle ne l'avait plus fait en 2007", a relevé Marino Keulen. Pour lui, une nomination des trois bourgmestres est donc envisageable "s'ils changent leur attitude, par exemple en organisant correctement les élections de 2009".
Fatigué d'avanceLa non-nomination des trois bourgmestres fera l'objet d'un débat mardi prochain au Conseil de l'Europe à Strasbourg, où le ministre Marino Keulen est lui aussi invité à défendre sa position. Il dit cependant n'avoir "aucune envie" de s'y rendre. "J'ai déjà tout expliqué en détail à la délégation qui est venue chez nous" en mai dernier, relève-t-il.
Tous d'accordSur les bancs des parlementaires, tous les intervenants ont dit leur opposition à une nomination de ces bourgmestres. Des interrogations se sont néanmoins fait entendre sur le moment choisi par M. Keulen.
"Cette décision formelle était-elle nécessaire à ce moment? ", s'est demandé le chef de groupe sp.a, Ludo Sannen.
"On aurait pu attendre et faire comprendre clairement aux francophones: 'Nous ne vous avons pas nommés une fois et ça ne changera pas'", a souligné Eric Van Rompuy (CD&V).
Beaucoup de députés ont également exprimé leur crainte face à ce qui risque de devenir un carrousel: le conseil communal proposera une nouvelle fois les mêmes candidats à la nomination qui seront à nouveau refusés, et ainsi de suite. (belga)