Que propose Lidé pour Bruxelles?
Rudy Aernoudt a rédigé un programme spécifique à Bruxelles pour son nouveau parti, Lidé (pour libéral et démocrate).
Le nouveau parti libéral-démocrate de Rudy Aernoudt vient de publier son programme pour Bruxelles. Le parti, qui veut rompre avec la culture politique dominante dans le pays, pose sept points de départ et les dix priorités à appliquer pour rendre Bruxelles digne de son statut de capitale internationale. Voici un petit résumé de ce que propose
Lidé pour Bruxelles.
Les sept points de départ :1. Bruxelles est une région à part entière. Elle rayonne sur les deux autres régions du pays.
2. Il faut distinguer l'impact économique des frontières administratives.
3. Les frontières administratives n'empêchent pas la collaboration économique. La remise en question des frontières n'est pas à l'ordre du jour. D'ailleurs, Bruxelles est la capitale de l'Europe sans frontières. Les frontières sont dans les têtes des gens et c'est là qu'il faut les enlever.
4. Bruxelles est une ville riche (PIB/C de 55000 euros) avec une population pauvre (27%). Ce n'est pas digne de la capitale de l'Europe. La lutte contre la pauvreté est une des priorités absolues.
5. La gestion de Bruxelles est complexe à cause d'un patchwork de structures. Il faut donc régionaliser les aspects communautaires et rationaliser le partage des compétences entre les communes et la région Bruxelloise.
6. Les Bruxellois ne sont ni Flamands, ni Wallons, mais une multitude des personnes parlant environ 200 langues. Les lois linguistiques sont donc obsolètes.
7. La scission de BHV. Lidé veut qu'elle s'opère simultanément avec la création d'une circonscription électorale fédérale pour une grande partie des deux chambres. Lidé veut aussi instaurer un véritable bilinguisme à Bruxelles, avec une population, un enseignement et des listes électorales bilingues, afin de cesser de penser en termes de francophones et de néerlandophones.
Lidé pose ensuite ses dix priorités, dont cinq priorités spécifiques, et cinq priorités « transversales ».
Les cinq priorités spécifiques :1. Régionalisation des aspects communautaires : enseignement, formation et culture. L'objectif est de faire cesser la mise sous tutelle de la Région par les communautés. Un seul ministre serait responsable de l'enseignement, de la formation et de l'emploi. L'enseignement serait bilingue. Au lieu de 34 « responsables politiques de la culture », il n'y en aurait un seul. La priorité culturelle serait donnée à des projets rassemblant des personnes de toutes origines plutôt qu'à des activités qui accentuent les clivages entre les peuples, comme c'est le cas actuellement selon Lidé.
2. Revitaliser le marché de l'emploi, en stimulant la mobilité géographique et le bilinguisme des demandeurs d'emploi bruxellois. 95% d'entre eux ne maîtrisent pas les deux langues officielles de la Région. Tous les chômeurs seront donc obligés de suivre des cours. La mobilité serait également encouragée, tant il est vrai que la périphérie bruxelloise voit se créer beaucoup d'emploi. La limitation des allocations de chômage dans le temps et la lutte contre les pièges à l'emploi et contre le travail au noir, qui font partie des priorités de Lidé, sont censées encourager bilinguisme et mobilité.
3. Valorisation de l'administration. Lidé veut une administration efficace et des employés bien payés, et veut abolir les administrations parallèles (cabinets pléthoriques) et superflues. En bref, moins de fonctionnaires (remplacement d'un fonctionnaire sur trois qui part à la retraite), mais mieux payés, sans être nommés à vie.
4. Mettre fin au gaspillage. Les dépenses en frais de gouvernement s'élèvent à Bruxelles à 185 euros par habitant, à savoir dix fois plus qu'en Flandre et cinq fois plus qu'en Wallonie.
5. « Il ne faut pas refinancer, mais financer Bruxelles ! » Introduction d'une flat tax (d'abord de 25%) avec un plafond non-taxé de 12.500 euros par personne par an, pour remédier au problème des charges fiscales. Les impôts payés par les navetteurs doivent être partagés entre lieu de résidence et lieu de travail. Bruxelles, avec 10% de la population, crée près de 20% des richesses du pays, rappelle Rudy Aernoudt.
Les cinq priorités transversales :
1. La politique sociale. Politiques de l'éducation, du logement et de la santé pour lutter contre la précarisation. L'insertion sur le marché de l'emploi restant la meilleure façon de lutter contre la paupérisation, il faut intensément accompagner les chômeurs. Il faut également rationaliser les 33 opérateurs immobiliers publics en les regroupant au niveau régional.
2. Développement durable. Il faut un plan de mobilité qui ne s'arrête pas aux frontières régionales. La gestion des déchetteries doit être centralisée au niveau de la Région.
3. Une opération « mains propres ». La dépolitisation de l'administration et la limitation des mandats simultanés et successifs constituent des gages de démocratie. Il faut également une véritable transparence dans les procédures d'appels d'offres.
4. Goût d'entreprendre et innovation. Lidé préconise l'abolissement des aides aux entreprises et l'intégration des mesures du Fonds de Participation dans l'Agence bruxelloise. Lidé préconise également d'attribuer des allocations de chômage pour les entrepreneurs qui ont dû liquider leur entreprise.
5. Renforcement et simplification de la Région. Les Communautés sont des tutelles de la politique culturelle et de l'enseignement et ne sont plus nécessaires. Ceci vaut également pour la Province et les comités de concertation (cocof, cocon, cocom). Les compétences de gestion de l'espace des communes (mobilité, environnement, gestion de parking) doivent être transférées à la Région pour former un tout cohérent. Les six zones de police doivent également être fusionnées. Les deux priorités des communes sont l'emploi et la lutte contre la pauvreté.
Juin 2009Le nouveau parti commencera son aventure politique à l'occasion des élections régionales du mois de juin. Lidé se veut rassembleur et prône le retour du bons sens dans la politique. Le but est de restaurer la confiance des citoyens dans la politique en « les impliquant mieux dans les processus de décisions et mettre fin aux dérives de la particratie et du clientélisme. » Et il y a du travail à faire dans ce domaine !
Thomas Halter