Le cdH s'est ému mercredi de l'usage que fait la N-VA du coq wallon dans le cadre d'une campagne qu'elle a lancée en Wallonie. Il a également suggéré de prendre des mesures de protection de cet emblème officiel à l'image de ce qu'a fait la Région bruxelloise pour l'Iris.
Campagne de la N-VA
Le 19 janvier, la N-VA a dévoilé la campagne www.prejuges.be qu'elle mène en Wallonie pour, dit-elle, remettre en question certaines affirmations selon lesquelles plus d'autonomie rimerait avec moins de solidarité, moins d'emploi ou moins de sécu. Elle s'abstient de faire référence à la N-VA, par souci de lancer un débat "sincère". Cette campagne utilise notamment de grandes affiches représentant le coq wallon.
"Il est choquant de voir l'utilisation qui en est faite aujourd'hui par un parti flamand qui n'a pas manqué à de multiples reprises de stigmatiser la Wallonie. Par ailleurs, il est interpellant de voir le manque de protection dont jouissent nos symboles officiels", a dénoncé le chef de groupe cdH au parlement wallon, Michel de Lamotte, lors d'une interpellation au ministre-président Rudy Demotte. Selon lui, ce recours au coq pourrait laisser en outre croire que cette campagne est une communication officielle des autorités wallonnes.
Emblême officiel
Un décret de 1998 a établi le "Coq hardi" comme emblème officiel de la Wallonie mais il n'a pas prévu de protection de celui-ci, contrairement à ce qu'a fait la Région bruxelloise avec l'Iris. Une ordonnance précise en effet que l'utilisation de l'Iris bruxellois "ne pourra en aucun cas s'accompagner de mentions susceptibles de créer une confusion entre les institutions régionales et l'utilisateur ou de faire apparaître abusivement les institutions régionales comme patronnant ou comme co-organisatrices d'une manifestation ou d'une initiative quelconque".
M. Demotte laisse au soin des parlementaires la tâche de légiférer dans ce domaine s'ils jugent une telle initiative opportune. "Ce débat vous appartient. Ce débat a été porté par vous et, avant vous, par le mouvement wallon", a-t-il rappelé. Le ministre-président a toutefois insisté sur l'intérêt qu'il y avait à voir le plus grand nombre s'approprier l'emblème wallon. "En 1998, nous n'étions pas dans une logique de marque déposée. On voulait que l'on puisse s'approprier le symbole", a-t-il expliqué.
Il a aussi mis en garde contre les difficultés qu'il y avait à légiférer: il ne faut pas attenter à la liberté d'expression. Et de rappeler quelques exemples de controverses célèbres: caricatures du prophète Mahomet, la Marseillaise version reggae de Serge Gainsbourg, etc. (belga/CB)


