Participez aux États généraux de Bruxelles!

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Par: rédaction
28/01/09 - 16h25

Bruxelles, ville, capitale, région, est également, et de plus en plus, revendiquée en tant qu'identité par de nombreux bruxellois qui ne se considèrent ni Wallons ni Flamands, mais bien Bruxellois, voire Belges et/ou Européens. À force d'être tiraillée entre Flamands et Wallons, qui ne veulent ni l'un ni l'autre perdre la tutelle encore exercée sur la capitale, via les Communautés notamment, Bruxelles veut crier son existence propre à ceux qui l'entourent, de près ou de loin.

Question d'émancipation
Région âgée de 20 ans, Bruxelles tente de s'émanciper de ses voisins un tantinet envahissants. Considérée comme snob et méprisante envers les provinciaux, Bruxelles voit les deux autres Régions du pays comme des ex-tuteurs qui ne veulent pas admettre qu'ils n'ont plus à dicter sa conduite à la troisième entité régionale belge. Ce sentiment, de plus en plus présent dans les esprits bruxellois, pousse les citoyens à réagir, les hommes politiques bruxellois étant malheureusement, et en dépit de leurs déclarations d'intention, trop souvent prisonniers des diktats de leurs partis.

La parole aux citoyens?
Dans cet ordre d'idée, des États généraux bruxellois se déroulent en ce début 2009 pour rassembler les doléances des citoyens de la capitale. Organisés conjointement par les sections bruxelloises des syndicats CSC et FGTB, le BECI ( Brussels Enterprises Commerce and Industry), les membres du Réseau des Arts à Bruxelles et du Brussel Kunstenoverleg, les comités d'habitants du BRAL et d'Inter-Environnement Bruxelles les initiateurs de l'Appel des Bruxellois « Nous existons ! » Aula Magna, bruXsel forum et Manifesto, ces États généraux ont pour but de proposer une vision d'avenir pour Bruxelles. L'ULB, la VUB et les Faculté universitaires Saint-Louis, ainsi que Brussels Studies sont également associés au projet.

Quatre objectifs concrets sont poursuivis :

- Rassembler et synthétiser les études existantes consacrées à Bruxelles pour soulever des questions-problèmes et proposer des ébauches de solution.
- Susciter un débat sur le point précédent au sein de la société civile à travers différents thématiques.
- Trouver des axes de convergence au sein de ces thématiques afin de proposer des politiques cohérentes.
- Signaler au monde politique les priorités des citoyens quant aux questions-problèmes afin de déterminer les chantiers prioritaires.


Les organisateurs proposent également une mobilisation en trois phases :

- Un réseau de scientifique et d'experts établit un constat, listant les questions-problèmes ainsi que les options politiques de manière synthétique.
- Faire connaître ce constat à la société civile afin qu'elle s'exprime sur ces questions-problèmes ainsi que sur les options politiques à envisager pour y répondre.
- Médiatisation et interpellation du monde politique.

Des conférences-débats sont donc organisés jusqu'au 9 mars pour initier une réflexion sur différents thèmes (entre autres, mobilité, sécurité, culture, jeunesse,...). Suite à ces conférences, deux sessions plénières auront lieu les 20 et 21 mars pour résumer les débats des 16 conférences.

Poudre aux yeux?
Organisées par des associations, syndicats et autres ayant pignon sur rue, cette initiative louable aura-t-elle un réel impact, à quelques encablures des élections régionales du mois de juin ? Certains en douteront, soulignant la mainmise de syndicats et d'organisations liées plus ou moins étroitement aux partis politiques traditionnels sur ces États généraux, arguant que c'est précisément la particratie qui est à l'origine de la plupart des problèmes politiques du pays, et a fortiori de Bruxelles. On éprouvera des réticences à leur reprocher de parler de poudre jetée aux yeux des Bruxellois.

Participer au processus démocratique
D'autres y verront une plateforme permettant enfin aux citoyens de s'exprimer sur des thèmes essentiels concernant la ville dans laquelle ils vivent et ainsi participer au processus démocratique, persuadés qu'ils seront d'être entendus, à défaut d'être écoutés. L'on peut également se poser la question de la représentativité réelle des participants à ces États généraux, représentativité qu'il faudra également mettre en rapport avec l'influence qu'auront les résultats de ceux-ci sur le monde politique.

Wait and see
Quoi qu'il en soit, il faudra attendre la fin mars avant de voir cette initiative tenter de peser dans la balance politique, en espérant que le sérail politique sera sensible à ce projet et à ses objectifs. Car en fin de compte, ce sont les voix des électeurs qui importent aux yeux des hommes politiques, et il faut espérer que la troisième phase de la mobilisation (médiatisation et interpellation du monde politique) soit efficace au point d'être en mesure d'influencer des électeurs souvent otages de la pilarisation de la société belge au point de voter pour tel ou tel parti par tradition, habitude ou encore intérêt plus que sur base des idées proposées dans les programmes ou de l'efficacité et de l'honnêteté des candidats. Qui vivra verra...

Thomas Halter

Pour plus d'information, rendez-vous sur http://www.etatsgenerauxdebruxelles.be .

(Photos du lancement officiel le 10 janvier 2009)

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