Albert II évoque l'avenir de la Belgique

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Par: rédaction
30/01/08 - 14h57

La progression de la construction européenne et la décentralisation au sein des Etats nationaux sont des processus complémentaires, pour autant que l'on ne privilégie pas à l'excès un niveau de pouvoir au préjudice des autres, a soutenu mercredi le roi Albert II dans son discours de nouvel an devant les Corps constitués, au Palais royal.

Mouvements en sens inverse
Le roi a axé son discours sur l'évolution institutionnelle de la Belgique, en la situant dans le cadre de l'Union européenne. Il constate deux mouvements allant en sens inverse, stimulés par la mondialisation, mais complémentaires: la progression de la construction européenne vers plus d'intégration et d'unité, à partir d'Etats indépendants, et le phénomène de la décentralisation, qui "s'exprime un peu partout en Europe".

Différences
En Belgique, cette décentralisation est "très manifeste", dit le roi, car "aux différences régionales s'ajoutent encore des différences de langue et de culture". Elle se traduit en une série de réformes à partir d'un "Etat jadis unitaire" vers "un Etat fédéral moderne avec plus d'autonomie et plus de responsabilités pour les régions et les communautés", souligne-t-il.

Subsidiarité et solidarité
Mais ces évolutions doivent s'inspirer des deux principes de base que sont la subsidiarité (la recherche du niveau le plus efficace pour l'exercice des différentes compétences) et la solidarité, juge le roi. Sur le plan national, cette solidarité s'exprime au niveau interpersonnel, et à l'échelon régional, par une solidarité entre sous-régions, souligne Albert II, voyant donc une "forte complémentarité" entre les différents niveaux de pouvoir.

Tensions
Mais le roi pointe aussi du doigt les risques de tensions si l'un de ces niveaux de pouvoir venait à être privilégié à l'excès au préjudice des autres. Et de citer, entre autres exemples, le cas de "certains pays" où l'on "privilégie uniquement le niveau national en refusant la décentralisation ou, à l'inverse, lorsque certains en Europe privilégient uniquement le niveau régional au détriment du national".

Compromis, bon sens et créativité
La Belgique est plus clairement évoquée lorsque Albert II revient sur "les problèmes que nous avons connus" durant la deuxième moitié de 2007. "Je suis convaincu que nous trouverons des solutions satisfaisantes car, outre les arguments rationnels, la toute grande majorité de nos concitoyens comprend bien qu'être attaché à son identité régionale ou communautaire, promouvoir l'entente au sein de son pays, et oeuvrer à l'Europe de demain sont des objectifs parfaitement compatibles", confesse le roi. Et Albert II de conclure sur la tradition belge "de compromis, de bon sens et de créativité". (belga)

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