Possible arrêt des livraisons de pétrole via l'Ukraine

La Russie a averti l'Union européenne d'une possible interruption de ses livraisons de pétrole via l'Ukraine à trois pays de l'UE en raison d'un conflit sur les prix entre Moscou et Kiev, a annoncé lundi le gouvernement slovaque citant une lettre de la Commission européenne.
 
"La Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque"
La Russie a annoncé "la possibilité de suspendre les livraisons de pétrole à (...) la Slovaquie, la Hongrie et la République tchèque", selon un communiqué du gouvernement slovaque, citant une lettre de la direction générale de la Commission chargée de l'énergie et des transports.
 
Le Premier ministre slovaque Robert Fico a convoqué lundi une réunion d'urgence du Conseil de sécurité du pays. L'Ukraine a demandé une hausse des tarifs de transit du pétrole en provenance de Russie et les discussions entre les deux pays sont "très compliquées", a-t-il précisé au cours d'une conférence de presse après la réunion.
 
L'Ukraine veut renégocier
L'Ukraine veut revoir les conditions du transit du pétrole russe vers l'UE, a annoncé lundi à l'AFP un porte-parole de l'opérateur ukrainien des oléoducs, Ukrtransnafta.
 
"Le risque que les livraisons de pétrole soient suspendues à compter du 1er janvier s'est considérablement accru", a déclaré le Premier ministre slovaque, ajoutant que la Slovaquie n'en souffrirait pas car elle dispose de "pétrole et de produits pétroliers pour plus de 94 jours".
 
"Nous disposons aussi d'autres voies de transport"
La République tchèque a elle aussi des réserves pour plus de 90 jours, a déclaré le vice-ministre tchèque de l'Industrie, Tomas Huener, sur une chaîne de radio.
 
"Nous disposons aussi d'autres voies de transport", a-t-il ajouté sur Radio Cesko. Il faisait référence à l'oléoduc IKL qui transporte depuis le port italien de Trieste du brut importé de la région de la mer Caspienne, du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.
 
"Pas de répétition" de la situation de l'an passé
L'UE suit de près la situation et il n'y a pas pour le moment de raison de s'alarmer, a déclaré une source de l'Union européenne. "Il n'est pas question ici d'une répétition de la situation qui avait causé tant de problèmes aux particuliers et aux entreprises il y a un an", a déclaré cette source sous couvert d'anonymat.
 
Les Européens avaient subi début janvier 2009 une interruption de deux semaines des livraisons russes de gaz naturel au beau milieu de l'hiver, en raison d'un conflit gazier entre Kiev et Moscou. Un quart du gaz consommé dans l'UE provient de Russie, dont 80% transitent par l'Ukraine. (belga/th)
28/12/09 17h30
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