Reynders fixe les limites de la spéculation
Didier Reynders et son homologue française, Christine Lagarde.
Le ministre belge des Finances, Didier Reynders, a plaidé mardi pour un encadrement accru des produits financiers qui permettent de spéculer de façon outrancière, comme certains dérivés de crédit.
Les dérivés sur événement de crédit (ou "credit default swaps", CDS) permettent aux opérateurs financiers de s'assurer contre la cessation de paiement d'un créancier. Les marchés ont développé une large gamme de produits, qui permettent notament de s'assurer sur la faillite d'un créancier sans pour autant en être soi-même créditeur.
"On s'assure sur des risques qu'on n'a pas", a souligné M. Reynders. "C'est un peu comme si vous vous assuriez sur le véhicule de votre voisin en espérant qu'il va avoir un accident. On est plus proche des bookmakers que de l'assurance", a-t-il dit. Le ministre n'est "pas favorable à des interdictions", mais il souhaite "fixer des limites" à l'usage de ces produits dérivés, notamment s'ils deviennent dangereux pour la stabilité financière, a-til expliqué.
Cette position rejoint celle du nouveau commissaire européen aux services financiers, Michel Barnier, qui veut accroître la transparence sur les marchés en créant des chambres de compensation pour les produits dérivés. (belga)