Considéré traditionnellement comme une valeur refuge, l'or ne profite pourtant pas des déboires de la zone euro: son cours a chuté de 20% en trois mois, alors que les investisseurs, en quête de liquidités, se désengageaient des métaux précieux pour engranger des bénéfices.
Après avoir atteint le 6 septembre un sommet historique à 1.915 dollars, le prix de l'once d'or a ensuite rapidement décliné: après un léger rebond en novembre, il est reparti en nette baisse, abandonnant plus de 10% dépuis début décembre et retombant sous la barre des 1.600 dollars.
"La récente chute du métal jaune a de quoi laisser perplexes ceux qui croyaient que l'or était l'ultime valeur refuge en cas de choc économique", a souligné Ross Norman, directeur du courtier spécialisé Sharps Pixley. En fait, face à l'aggravation de la crise en zone euro, qui assèche le marché du crédit, "la baisse de l'or reflète la crise des liquidités à laquelle sont confrontés banques et investisseurs", a-t-il expliqué.
La consommation mondiale d'or a progressé de 11% au cours du troisième trimestre, tirée par la demande de lingots et de médailles, mais aussi par les banques centrales, soucieuses de diversifier leurs réserves: leurs achats d'or ont atteint cette année leur plus haut niveau depuis 40 ans. "Les prix actuels de l'or fournissent de bonnes opportunités d'achats pour les banques centrales ou les investisseurs ayant une vision de long terme", a estimé Robin Bhar, analyste de Crédit Agricole-CIB. (afp)


