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MISE À JOUR La France a perdu vendredi son précieux AAA auprès deStandard & Poor's, qui va dégrader aussi d'autres pays de la zone euro mais pas l'Allemagne, ravivant la crise au moment où des négociations vitales sur la Grèce semblent en passe d'échouer.
Ce coup de tonnerre, attendu depuis début décembre, consacre un
décrochage entre les deux premières économies de la zone euro. Paris et Berlin bénéficiaient tous deux jusqu'ici de la meilleure notation
financière possible, qui permet d'emprunter à moindre coût sur le marché de la dette.
Le ministre français de l'Economie confirme
La perte du "triple A" français a été annoncée dans la soirée par le ministre français des Finances François Baroin à la télévision. Il a précisé que la note avait été abaissée d'"un cran" par Standard & Poor's (S&P), à AA+. La France était le seul Etat de la zone euro ouvertement menacé par S&P d'une dégradation de deux crans.
Moody et Fitch ne bronchent pas
Les deux autres grandes agences internationales d'évaluation
financière, Moody's et Fitch, attribuent toujours, pour l'instant, un
"triple A" à la France.
No comment
S&P, qui menaçait depuis le 5 décembre d'abaisser la note de 15 Etats de la zone euro dont les six "AAA", n'a encore fait aucun commentaire mais devrait annoncer sa décision dans la soirée.
L'Autriche également pénalisée
Dès le début d'après-midi, plusieurs sources européennes avaient
fait savoir que l'agence avait décidé de dégrader la note de la France
et d'autres pays. Parmi les six "triple A" de la zone euro, seule la France et l'Autriche sont obligés de descendre de la première marche du podium. L'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg et la Finlande vont conserver leur "AAA", ont affirmé diverses sources européennes à l'AFP.
Craintes pour l'Italie, l'Espagne et le Portugal
Parmi les autres pays, l'Italie, l'Espagne et le Portugal, déjà parmi les plus fragiles, pourraient voir leur note abaissée de deux crans, rapporte le quotidien français Les Echos sur son site internet.
En revanche, la Belgique conserve sa note AA, a précisé la source
gouvernementale.
Pire moment pour Sarkozy
La dégradation de la note française intervient au pire moment pour
le président Nicolas Sarkozy, qui a longtemps fait du maintien du
"triple A" une priorité nationale, à cent jours de l'élection présidentielle à laquelle il sera candidat selon toute vraisemblance.
"Ce n'est pas une bonne nouvelle" mais ce n'est "naturellement pas
une catastrophe", a réagi François Baroin. "Ce ne sont pas les agences de notation qui font la politique de la France", a-t-il ajouté.
Selon le ministre des Finances, S&P souligne "clairement que c'est la gouvernance et l'instabilité de la zone euro" qui sont en cause et non "les réformes de structure qui sont engagées et qui sont au contraire saluées, (...) ni les questions budgétaires".
Allemagne
Son homologue allemand Wolfgang Schäuble a aussi estimé qu'il ne
fallait pas "surestimer les jugements des agences de notation". "Il y a une grande incertitude dans les pays de la zone euro, ce n'est pas nouveau et cela a naturellement une répercussion sur tous", a-t-il
ajouté.
L'abaissement de la note de la France, deuxième contributeur derrière l'Allemagne des fonds d'aide aux Etats de la zone euro en difficulté, risque surtout d'ébranler ces mécanismes qui peinent déjà à endiguer la propagation de la crise.
Les marchés résistent
Ces informations ont fait tomber dans le rouge les places financières en Europe, qui étaient en hausse jusqu'en début d'après-midi dans la foulée de nouvelles émissions obligataires réussies en Italie, signal initialement perçu comme un début d'accalmie après des mois de turbulences. Mais les marchés obligataires et les Bourses, qui avaient déjà largement intégré le risque d'une dégradation plus ou moins collective des notes, ont résisté, Paris perdant seulement 0,11% et Francfort 0,58%.
De son côté, l'euro a résisté après l'annonce officielle sur la France, après avoir décroché par rapport au dollar dans l'après-midi, tombant à son plus bas niveau depuis août 2010, à un peu plus de 1,26 dollar.
"Depuis le début de l'année, les investisseurs se focalisent moins sur les commentaires d'agences de notation, mais davantage sur la capacité des Etats sous pression à se refinancer", a expliqué Renaud
Murail, gérant d'actions chez Barclays Bourse. Or l'Espagne et l'Italie, les pays les plus exposés, ont réussi leurs premières émissions de dette de l'année jeudi et vendredi.
Suspension des négociations en Grèce
En revanche, une autre mauvaise nouvelle est arrivée vendredi d'Athènes, épicentre de la crise de la dette depuis début 2010. Les banques ont annoncé qu'elles suspendaient leurs négociations avec la Grèce, toujours au bord de la faillite. Elles ont laissé entendre qu'elles pourraient revenir sur leur engagement à effacer volontairement la moitié de la dette grecque qu'elles détiennent.
L'Institut de la finance internationale (IIF), lobby des banques, a ainsi affirmé que sa proposition n'avait "pas abouti à une réponse ferme et constructive de la part de toutes les parties".
Tensions extrêmes
Les créanciers privés de la Grèce s'étaient engagés le 27 octobre auprès de la zone euro à renoncer d'eux-mêmes à recouvrer environ 100 milliards d'euros sur leurs créances afin d'éviter une faillite incontrôlée du pays. Quelques minutes après l'annonce des banques, une source proche des négociations a dit à l'AFP à Athènes que celles-ci traversaient un état de tension "extrême", et que les parties impliquées devaient "prendre conscience de la très grave situation" pour "éviter le pire".
Grave danger
Le Premier ministre grec Lucas Papademos a aussi rappelé que son
pays faisait face à de "graves" dangers économiques en l'absence d'un accord, tandis que le Fonds monétaire international a appelé à une reprise des négociations pour rendre la dette grecque viable. (belga)


