Michel Fourniret, jugé devant la Cour d'assises des Ardennes pour sept meurtres aggravés de jeunes filles, a déclaré lundi au troisième jour du procès qu'il "confirmait (sa) position" de ne s'exprimer sur les faits reprochés qu'à condition d'un huis clos.
"Ce week-end la réflexion que j'ai menée m'a amené à confirmer ma position", a déclaré Michel Fourniret, qui était invité à s'exprimer sur le premier des dix dossiers pour lesquels il est jugé, celui de l'agression d'une adolescente belge de 13 ans en juin 2003 près de Namur.
"Je ne peux pas"
"Dans le cas d'un procès public, je ne parlerai que du bout des lèvres, il y a donc quantité d'informations que les familles seraient assurées de ne jamais avoir", a-t-il ajouté. "Vous n'avez donc rien à dire sur ces faits du 26 juin 2003?", a de nouveau tenté le président de la Cour, Gilles Latapie. "Je brûle d'envie de les commenter mais je ne le peux pas", a rétorqué l'accusé qui comparaît au côté de sa femme Monique Olivier, poursuivie pour un des meurtres et pour complicité dans plusieurs autres.
Vendredi en fin d'audience, Michel Fourniret s'était engagé à réfléchir pendant le week-end au fait de revenir sur sa décision de garder le silence, qu'il avait exprimé dès l'ouverture des débats. Il a maintenu sa position lundi alors que le président et plusieurs avocats des parties civiles se sont relayés pour essayer de le convaincre.
Venue
Lundi, contrairement à vendredi, il n'a pas fallu recourir à la contrainte pour extraire Michel Fourniret de la maison d'arrêt de Charleville-Mézières et le conduire au tribunal. Le tueur en série présumé "a accepté de venir spontanément", a déclaré l'avocat général Francis Nachbar, quelques minutes avant le début de l'audience vers 10H00.
La Cour a entamé l'examen des crimes reprochés à Michel Fourniret avec le dossier de l'agression de Marie. L'adolescente avait réussi à s'échapper de la camionnette où elle était séquestrée, permettant l'arrestation du tueur en série présumé par la police belge, grâce au relevé du numéro d'immatriculation.
Marie a commencé de témoigner en fin de matinée, dos au public et aux journalistes de manière à ce que son image soit protégée. Seul le son était retransmis dans les salles annexes du palais de justice permettant aux médias de suivre le procès.


