André Michaux, premier mari de Monique Olivier.
MISE À JOUR
Deux anciens maris de Monique Olivier ont décrit lundi l'accusée comme une femme qui avait besoin d'être guidée et qui pouvait difficilement prendre des initiatives elle-même. Le premier mari a réfuté avoir été violent avec Monique Olivier, dont un des trois fils a souligné que sa mère était sous l'influence de Michel Fourniret.
Monique Olivier s'est présentée comme une femme soumise et sous influence. "Je ne suis pas capable de me révolter, de dire non. (...) Je fais ce qu'on me demande", a-t-elle dit lorsqu'elle a eu la parole lundi devant la cour d'assises au premier jour de l'examen de personnalité des deux accusés. Cette deuxième phase du procès fait suite à l'examen des dix faits criminels reprochés aux accusés. "Elle ne réagissait pour rien du tout. Elle se laissait aller. Elle se laissait guider", a dit à la barre André Michaux, premier compagnon de Monique Olivier et père de deux de ses trois enfants. Il a réfuté avoir été violent avec Monique Olivier, qui continue pourtant à affirmer le contraire.
André Michaux s'est séparé de Monique Olivier peu après la naissance de leurs deux enfants, Murphy et William, nés en 1980 et 1981. C'est lui qui les a élevés. Très volubile, André Michaux, ancien directeur d'une auto-école avant d'embrasser une carrière d'artiste peintre, a fréquemment coupé la parole au président et aux avocats qui l'interrogeaient. Le président Gilles Latapie a tenté de modérer la virulence du témoin, avant de renoncer et de plonger dans l'hilarité qui touchait toute la salle d'audience. André Michaux s'en est pris à de nombreuses reprises à son ex-femme et à Michel Fourniret. "Comment se fait-il qu'une femme simple d'esprit ait pu amener ses enfants auprès d'un tueur? ", a-t-il dit.
"J'ai essayé de l'aider. Elle n'a jamais voulu rien faire. On ne pouvait rien en faire. Je n'ai même pas réussi à lui apprendre à nager", a dit M. Michaux. Monique Olivier l'accuse d'avoir été violent avant leur séparation. Elle a stigmatisé la jalousie de cet homme qui, dit-elle l'obligeait à baisser les yeux quand elle croisait un homme en rue. "Il m'a frappée toute une nuit, m'a giflée, a tenté de m'étrangler et de me noyer dans la baignoire", a répété Monique Olivier devant la cour. "C'est une menteuse, une affabulatrice. Tout le monde vous le dira", a démenti André Michaux.
Il a accusé Michel Fourniret d'avoir voulu l'assassiner à trois reprises et d'avoir lancé à ses trousses "une série de truands, des manouches". Des lettres échangées entre Olivier et Fourniret, alors détenu en 1987 à Fleury-Mérogis, attestent d'un tel projet. "Il a pu écrire cela pour aller dans mon sens", a répondu Monique Olivier, qui a dit qu'il ne croyait pas qu'il aurait pu "faire un chose pareille". "Sur ce globe terrestre, il n'y a pas plus lâche que vous: attaquer des jeunes filles de face et un homme de dos", a lancé André Michaux à Michel Fourniret, qui s'est contenté de fixer le témoin "comme un vautour", selon les termes d'André Michaux.
Deuxième mari de Monique Olivier, entre 1986 et 1987, Mark Wilson, a également qualifié Monique Olivier de "paumée. "Il fallait qu'il y ait quelqu'un avec elle. C'était comme quelqu'un qui n'était pas complet", a-t-il dit. Murphy Michaux a confirmé ce côté très nonchalant de sa mère qu'il n'a plus vue qu'épisodiquement après qu'elle se fut établie avec Fourniret.
Mais il est plus indulgent. Il a dit qu'il pensait que que l'absence de revenu et de logement a conduit sa mère à s'établir avec Fourniret en 1987. "Elle a eu accès à un certaine personne et, malheureusement pour elle, cela s'est mal passé", a-t-il dit. "Il était très difficile pour ma mère de faire face à cette chose", a-t-il dit, sans jamais nommer Michel Fourniret. Il ne renie pas sa mère. "Je ne lui reproche rien et je serai toujours à ses côtés", a-t-il affirmé. (belga)


