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Procès Fritzl: la présidente du Tribunal, une experte en délits sexuels

Andrea Humer, présidente de la Cour d'assises de Sankt-Pölten, qui juge depuis lundi le père incestueux autrichien Josef Fritzl, est une mère de famille discrète de 48 ans et une magistrate spécialiste des délits sexuels.

"Il s'agit du crime d'une seule personne"
Son premier souci d'entrée de jeu, lundi matin, a été de calmer l'excitation des médias internationaux autour de ce procès dans une mise au point publique: "Il s'agit du crime d'une seule personne, ce n'est pas le crime d'une ville, d'une région ou d'une nation".

Ses cheveux noirs mi-longs encadrent un regard décidé mais sans dureté. Lors des premiers échanges avec l'accusé sur son état civil et après la lecture de l'acte d'accusation contre le père incestueux de 73 ans, elle s'exprime calmement. Loin d'elle toute idée de tomber dans le sensationnalisme, des tabloïds du monde entier décortiquant les faits et gestes du "monstre d'Amstetten", la bourgade où se trouve la demeure familiale des Fritzl, à 130 km à l'ouest de Vienne.

Maîtrise des dossiers de délits sexuels
Andrea Humer, juge depuis 1998 au Tribunal de Sankt-Pölten, assure que la charge du présent procès ne lui a été confiée que par les hasards du tableau de service. Mais elle avait auparavant démontré sa maîtrise des dossiers de délits sexuels au cours de sa carrière.

En 2004, elle avait ainsi présidé un autre procès au retentissement international, celui du scandale sexuel au séminaire de Sankt-Pölten, où des pratiques homosexuelles et surtout un gros stock d'images et photographies à caractère pédophile avaient été découverts.

Un séminariste avait écopé de six mois de prison. L'évêque autrichien Kurt Krenn avait dû démissionner à la suite de la révélation du scandale.

Andrea Humer évite les journalistes
Si elle dirige l'équipe des trois juges pendant le procès de Josef Fritzl, Andrea Humer n'a pas mené l'interrogatoire filmé de onze heures de la fille de l'accusé, Elisabeth, principale victime dans ce drame familial sans précédent en Autriche. Cette charge incombait à un juge d'instruction et au procureur.

Andrea Humer, mariée et mère de famille, évite les journalistes en général car "elle veut pouvoir continuer à acheter chaque matin ses croissants incognito", comme elle l'a confié dans un entretien avec l'agence de presse autrichienne APA. (belga/th)
18/03/09 14h50
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