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Dans le désert californien, golfs et pénurie d'eau ne font pas bon ménage

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édité par: Caroline Albert
19/06/12 - 12h19  Source: afp.com
© afp.

A Palm Springs, une oasis de verdure plantée au milieu du désert californien, on veut réfléchir aux moyens d'économiser l'eau, mais on continue sans complexes à remplir les piscines, cultiver les jardins et arroser la centaine de terrains de golf de la ville.

© afp.
© afp.

Dans la vallée de Coachella, au sud-est de Los Angeles, une dizaine de villes s'abreuvent à un gigantesque aquifère capable de subvenir aux besoins de ses quelque 400.000 habitants. Une réserve naturelle d'eau douce évaluée à 50 milliards de mètres cubes par les autorités. Et malgré son aridité et ses températures infernales, la vallée organise les tournois de golf de Palm Springs et de tennis d'Indian Wells, et accueille à Coachella l'un des plus gros festivals américains de rock.

C'est aussi l'une des destinations favorites de la faune hollywodienne depuis les années 20. Pour l'instant, l'aquifère suffit à couvrir la consommation quotidienne en eau de la vallée, soit 500 millions de litres, dont 16% sont consacrés à l'arrosage des terrains de golf. En moyenne, un foyer à Palm Springs consomme 1.233 mètres cube d'eau par an, le double de la moyenne américaine --déjà l'une des plus élevée au monde.

Pompage dans le fleuve Colorado
"Si nous comparons avec d'autres villes, nos chiffres sont élevés, nous le savons, mais la consommation est en baisse et la population est de plus en plus consciente qu'il faut économiser l'eau", explique Heather Engel, porte-parole des Services de l'eau de la vallée de Coachella (CVWD). Elle évoque également les ressources énormes de l'aquifère, qui ne pourraient de toute façon pas être exportées.

Mais si cette réserve est bien réelle, le CVWD doit néanmoins pomper dans les eaux du fleuve Colorado pour la maintenir à niveau, afin d'éviter que la vallée ne s'affaisse -- en quinze ans, elle s'est enfoncée d'une vingtaine de centimètres. "Si nous voulons avoir des jardins, qu'ils soient couverts de gazon ou de flore désertique, il nous faut de l'eau pour les faire vivre", dit-elle.

"Nous dépensons des fortunes en terrains de golf"
Selon Noah Garrison, spécialiste du Conseil de défense des ressources naturelles (NRDC), "le principe du jardin dans le sud de la Californie n'a aucun sens compte-tenu du climat que nous avons". "Nous vivons dans des climats désertiques ou méditerranéens et malgré tout, nous dépensons des fortunes en jardins, terrains de golf et autres installations qui exigent d'énormes quantités d'eau", explique-t-il.

"La plus grande source d'eau douce en Californie sont les glaciers de la Sierra Nevada et on prévoit qu'elle va reculer significativement dans les 50 à 100 prochaines années", observe-t-il. Le CVWD a mis en place des mesures d'économie, comme des tarifs progressifs pénalisant les foyers qui gaspillent l'eau, ou l'usage privilégié de la flore désertique dans les jardins. Elle possède en outre trois stations de recyclage des eaux usées qui alimentent 16 clients, notamment des terrains de golf.

Mais si le coût du transport est inférieur à celui de l'eau douce puisée dans l'aquifère, le recyclage en soi reste un procédé cher. Sans incitation économique, il est donc peu probable que les terrains de golf, qui consomment en moyenne 1,2 million de mètres cube d'eau par an, finissent par choisir l'eau recyclée. Mais quelles que soient les mesures adoptées, les variations saisonnières de population à Palm Springs ne permettent pas de recycler l'eau autant que les autorités le souhaiteraient.

Car pour recycler, il faut des eaux usées. Or en été, quand les températures sont presque intenables et que le tourisme est au plus bas, il n'y a pas assez de production d'eaux usées. Et en hiver, quand la population est plus nombreuse et que les touristes affluent, le recyclage n'est plus nécessaire car il y a de la pluie, explique Mme Engel. "Mais il y aura moins d'eau à l'avenir, et nous devons nous y préparer", avertit M. Garrison.

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