Mary Campbell s'était installée à Santa Barbara pour son charme et la beauté du site, mais cette ville de la côte californienne fait désormais figure de paradis perdu pour cette retraitée, qui a dû fuir les incendies pour la seconde fois en un an.
Mme Campbell, 72 ans, fait partie des centaines de personnes évacuées vendredi et qui ont trouvé refuge dans un abri de la Croix rouge installé dans le gymnase de l'université de Californie à Santa Barbara. Quelque 900 lits de camp y sont alignés en rangées bien nettes.
Hébergement de fortune
De la nourriture, de l'eau, des médicaments, des douches chaudes et un accès internet y sont fournis aux habitants traumatisés par la violence des incendies qui ravagent depuis le début de semaine cette station balnéaire huppée proche de Los Angeles, dont les collines surplombant le Pacifique abritent plusieurs résidences de stars hollywoodiennes.
Lucy Popova, une porte-parole de la Croix rouge, a indiqué vendredi que 604 personnes avaient passé la nuit précédente dans le refuge temporaire installé à l'université. "La plupart d'entre elles ont bon moral et sont tout simplement extrêmement reconnaissantes d'avoir un endroit où dormir et quelque chose à manger", dit-elle.
Ras-le-bol
Mais pour Mme Campbell, désormais, trop c'est trop. "Je ne suis plus amoureuse de Santa Barbara", dit cette ancienne enseignante. "Je vais déménager dans le Montana", un Etat montagneux et peu peuplé du nord des Rocheuses, affirme-t-elle. "Je ne plaisante qu'à moitié. J'habite ici depuis neuf ans, mais Santa Barbara ne sera plus jamais la même pour moi après ça. J'ai déjà été évacuée à cause des incendies l'année dernière et c'en est trop. Ca n'en vaut pas la peine".
Le feu a détruit plus de 80 maisons depuis le début de la semaine, aussi bien des habitations modestes que des résidence de multimillionnaires. "Je ne pense pas qu'on puisse le maîtriser. C'est un monstre", dit-elle. "Ils vont devoir le laisser finir de tout consumer". A l'inverse de Mme Campbell, Bettina Johnson n'envisage pas de quitter la région. "Je suis une Californienne et j'ai connu des incendies et des séismes toute ma vie", dit-elle. "On l'accepte comme étant le prix à payer pour pouvoir vivre ici". "Mais voir ces flammes descendre la colline vers sa maison reste quelque chose de terrifiant.
Des vies en cendres
Jeudi quand j'ai regardé dehors, le ciel était bleu, et tout à coup il s'est transformé en un nuage de fumée brune", témoigne cette femme qui vit avec sa mère de 90 ans et son chat. "Nous sommes parties très vite. C'est le moment le plus difficile. Rien n'est irremplaçable mais il y a des choses qu'on a accumulées au cours de sa vie et qui ont une valeur sentimentale, et il faut leur dire adieu sans savoir si on va les retrouver", explique-t-elle. "J'y suis retournée ce matin, tout était couvert de cendres". (afp/acx)


