Le ministre de l'Energie, Paul Magnette, s'est rendu mercredi à l'Institut des Radio Eléments de Fleurus à la suite de l'incident qui s'est produit durant le week-end, avec un rejet d'iode. De sa rencontre avec les responsables de l'institut, il ressort que cet incident ne présente aucun danger pour la population. Le ministre a notamment été accueilli par Philippe Busquin, président du conseil d'administration de l'IRE.
Paul Magnette a déclaré que son cabinet et son administration ont été informés dès la découverte de ce rejet d'iode. Si l'incident n'a jamais présenté de danger pour la population, l'IRE a néanmoins suspendu sa production. Elle sera reprise, en accord avec l'Agence fédérale pour le Contrôle nucléaire, quand la source de l'incident aura été complètement détectée, et que les mesures auront été prises pour l'empêcher de se reproduire.
Le responsable de l'IRE, M. Henri Bonnet, a précisé que l'alarme a été donnée lundi vers 05H30, par le monitoring signalant qu'il y avait eu un rejet d'iode gazeux. Dans la demi-heure, les responsables se trouvaient sur le site, et entamaient les recherches permettant d'identifier la cause de ce rejet, dans la production et la gestion des déchets.
Dans la journée de vendredi, une opération courante de transfert de déchets liquides vers des cuves avait eu lieu, sans problème. C'est après ce transfert que l'incident s'est produit. Le monitoring, lundi, a indiqué que l'incident avait en fait débuté samedi. Mais s'agissant d'une cinétique très lente, il était alors indécelable. Les autorités compétentes ont été averties et les experts de l'Agence fédérale sont descendus sur les lieux mardi.
Dès le matin, il a été décidé d'arrêter la production et le transfert de déchets. Les mesures prises au moment de ce rejet de déchets ont indiqué une teneur de cinquante fois inférieure au niveau qui nécessite la distribution de pastilles d'iode, ont encore précisé les responsables de l'IRE.
Les responsables de l'IRE ont confirmé que la population ne doit prendre aucune précaution particulière, notamment pour ce qui concerne la consommation de légumes provenant de potagers voisins. De son côté, Philippe Busquin a souligné que l'Agence fédérale pour le Contrôle nucléaire disposait des experts nécessaires, qui travaillaient en étroite collaboration avec l'Institut.
Interrogés sur le fait qu'ils avaient attendu la soirée de mardi pour rendre cet incident public, les responsables de l'IRE ont répondu qu'ils avaient privilégié la résolution du problème, plutôt que sa communication publique.
Le bourgmestre de Fleurus, Jean-Luc Borremans, s'est dit rassuré par les explications fournies. Il a indiqué qu'un bulletin communal sera édité dans les prochaines heures, afin d'informer pleinement la population.
Philippe Busquin a rappelé le rôle essentiel que joue l'IRE dans la production de radio-isotopes : l'Institut constitue une référence mondiale dans le domaine du diagnostic et de la thérapie du cancer par la médecine nucléaire.
A ce propos, il a été question de la possible pénurie dans la production de radio-isotopes. Mais, a indiqué Philippe Busquin, si pénurie il devait y avoir, ce serait sans aucun rapport avec l'incident de ce week-end. Elle proviendrait de ce que deux réacteurs, l'un aux Pays-Bas et l'autre en France, ne sont actuellement pas en mesure de fournir Fleurus, en raison d'une panne pour l'un, et de travaux de maintenance pour l'autre. (belga)


