Quatre enquêtes dont une externe vont être ouvertes pour faire toute la lumière sur les circonstances et la gestion de la fuite d'iode radio-actif à l'Institut des Radio-éléments (IRE) de Fleurus le 22 août dernier, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur Patrick Dewael.
Celui-ci était soumis, comme son collègue de l'Energie, Paul Magnette, à un tir nourri de questions de 13 députés au sein d'une Commission réunie des Affaires intérieures et de la Santé Publique de la Chambre. Les questions ont fusé de partout, y compris depuis les rangs de la majorité pour tenter de comprendre les failles du dispositif, d'établir les responsabilités des manquements observés et les moyens d'y remédier.
Le chef de file des verts, Jean-Marc Nollet, ne fut pas le moins en verve pour pointer la faiblesse des informations disponibles et la communication déficiente des différents acteurs du dossier. Il a plutôt épargné le ministre Patrick Dewael, surtout après que celui-ci eût promis de transmettre aux députés toutes les informations à sa disposition dans ce dossier et de soutenir une proposition issue des rangs de la majorité de créer une sous-Commission pour en a assurer un suivi rapproché, rencontrant ainsi une exigence de l'opposition écologiste.
Il a par contre adopté un ton plus résolu sévère envers le ministre de l'Energie Paul Magnette, qui a d'abord soutenu que la situation était sans danger pour la population, sur foi des informations recueillies auprès des experts de terrain, avant d'être contraint de se raviser, à la suite de la publication de nouveaux résultats de mesures. Selon lui, des données disponibles sur internet auraient dû dès le début l'inciter à livrer des informations moins optimistes. Le ministre de l'Intérieur a quant à lui souligné que le plan d'urgence nucléaire était toujours d'application et "le sera tant que nécessaire".
Il a insisté sur le fait que la responsabilité en matière de sécurité nucléaire dépendait "largement de l'exploitant qui doit assurer les premiers contrôles et en transmettre les résultats à l'Agence Fédérale de contrôle Nucléaire" dans un esprit de confiance mutuelle". Pour Patrick Dewael, il importe d'envisager, pour les exploitants importants, une transmission plus rapide, voire en temps réel, des données à l'Agence. Par ailleurs, il a annoncé la poursuite des travaux d'adaptation du réseau de détection de l'Agence baptisé Telerad, pour affiner la prévention des risques.
Le ministre de l'Intérieur a enfin souligné qu'il avait ordonné une enquête pour déterminer si l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire avait fonctionné correctement à partir du moment où elle a été informée de l'incident. Mais il compte également ordonner une enquête externe pour se pencher sur l'ensemble des mesures qui ont été prises, indépendamment de celle que le ministre de l'Energie Paul Magnette a fait mener par son cabinet.
Intervenant le dernier lors de la longue séance de Commission à laquelle a également participé Willy De Roovere, directeur général de l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, le patron de l'IRE, Jean-Michel Vanderhofstadt, a affirmé que l'IRE prendrait toutes les mesures qui s'imposent pour qu'un tel incident ne se reproduise plus.
Si des manquements sont observés, des sanctions seront prises "au bon niveau", a-t-il assuré.
"Ma priorité va à la sécurité et à la santé des riverains et du personnel. Lorsque j'aurai l'assurance que tout aura été mis en oeuvre par rapport à cet objectif prioritaire, j'irai voir les riverains", a-t-il promis. Il a également tenu à dire que la priorité était d'assurer une collaboration étroite avec l'AFCN et sa filiale BEL V pour remettre l'IRE dans des conditions de sécurité maximales. Actuellement, une réunion est organisée chaque jour avec l'agence fédérale.
Arrivé récemment à la tête de l'entreprise, Jean-Michel Vanderhofstadt a enfin précisé que tous ses plans de gestion avaient été mis en oeuvre, y compris en se mettant dans le rouge en 2008. "Cet incident nous pousse à les poursuivre", a-t-il conclu. (belga)
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