Il n'y a "pas de Plan B" pour le climat et le temps presse

Les engagements pris par les grands pays industrialisés pour réduire leurs émissions de CO2 sont insuffisants pour espérer limiter le réchauffement climatique et "le temps presse", a averti vendredi la Suède, prochaine présidente de l'UE.

Avant la grande réunion internationale de Copenhague à la fin de l'année, "il reste six mois, mais seulement trois semaines de négociations utiles", a souligné le ministre suédois de l'Environnement Andreas Carlgren.

"Nous réclamons plus"

"Nous demandons aux autres pays industrialisés de faire des efforts comparables à ceux de l'UE", a-t-il insisté. "Nous espérons plus, nous attendons plus, nous réclamons plus", a-t-il dit à l'adresse des Etats-Unis, du Japon et du Canada. "Nous devons parvenir à un accord international à Copenhague, en décembre, parce que nous n'avons pas d'autre choix. Il n'y a pas de plan B", a-t-il insisté.

Tous les responsables européens ne montrent pas la même fermeté. Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a simplement invité les Etats-Unis à "aller aussi loin et aussi rapidement qu'ils le peuvent", vendredi dans son discours de clôture de "la semaine verte" organisée à Bruxelles.

Douche froide
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, président du G8, semble pour sa part favorable à une révision à la baisse des ambitions européennes. "La France veut que l'Europe soit le porte-drapeau d'un grand changement. Je lui souhaite bien du plaisir", a-t-il lancé lors du dernier sommet européen.

"Nous, nous travaillons avec l'administration américaine à des règles qui soient acceptables par tous et qui puissent être mises en oeuvre", a affirmé M. Berlusconi. Aucun des responsables européens, interrogé sur cette prise de position quelques semaines avant le sommet du G8 en Italie, ne veut croire à une volonté de revenir sur les engagements européens.

Faire pression
"Je ne suis pas préoccupé", a ainsi affirmé M. Carlgren. "Les engagements pris par les dirigeants européens ont force de loi", a-t-il rappelé. "Nous devons les utiliser pour faire pression sur nos partenaires", a-t-il ajouté.

Pour limiter le réchauffement climatique à +2°C, les scientifiques demandent aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 25% à 40% d'ici 2020 par rapport à leurs niveaux de 1990.

L'Union européenne s'est engagée à les réduire de 20%, voire de 30% en cas d'accord international. "Aucun autre pays industrialisé ne s'est engagé sur un effort comparable et au total, les engagements sont très loin de permettre de réaliser l'objectif", a déploré M. Carlgren. (belga)
26/06/09 18h03
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