La ville de Strasbourg, qui a lancé mardi un deuxième projet d'écoquartier respectueux de l'environnement, ambitionne de multiplier ce concept pour construire une métropole à la hauteur des enjeux sociaux et écologiques de demain.
Un maire et son projet de quartiers écolos
Depuis son arrivée en 2008 aux commandes de la ville, le maire socialiste Roland Ries a transformé la promesse électorale des écoquartiers en projets concrets. Le premier quartier écolo, baptisé Danube (600-700 logements), sera installé près du Rhin et pourrait ainsi sortir de terre d'ici fin 2011.
Le deuxième, appelé "quartier de la brasserie", créera 450 logements sur une friche industrielle qui appartenait à l'entreprise Kronenbourg, dans la banlieue strasbourgeoise, et devrait voir le jour en 2012.
Inspirations mixtes
"Nous n'avons plus le droit de construire la ville comme il y a dix ans", avertit le Vert Alain Jund, adjoint au maire en charge de l'urbanisme. Si l'élu estime que les exemples européens ne sont pas transposables tels quels, mais que chaque ville doit inventer sa voie, il reconnaît que Strasbourg s'est inspirée des expériences de Fribourg-en-Brisgau (sud-ouest de l'Allemagne), Malmö (Suède) mais aussi de Lorient (Morbihan). La ville de Strasbourg s'est ainsi fixée ses propres principes de construction et d'aménagement. "Il nous faut faire la ville en répondant aux exigences environnementales et sociales", explique encore l'élu.
Mais aussi faire une ville "compacte" pour lutter contre "l'étalement urbain". Pour élaborer les cahiers des charges de ses projets, qui seront réalisés par des promoteurs immobiliers, la ville continue d'organiser des cycles de forums et de conférences associant des citoyens et des professionnels, bailleurs sociaux, urbanistes ou architectes.
Qualité de vie, mobilité
Avec la qualité de vie comme fil conducteur, ces quartiers répondront techniquement aux fameuses normes HQE (Haute qualité environnementale), mais en partie seulement car faire du "100% HQE" ne permettrait pas d'atteindre l'équilibre financier, explique l'élu Vert. Pour relever le défi de la lutte contre le réchauffement climatique, les écoquartiers seront également composés de bâtiments à basse consommation d'énergie (50 kWh/m2/an).
Côté mobilité, tandis que la place de la voiture individuelle sera limitée au profit de l'auto-partage, "l'écoquartier génèrera de nouvelles manières de se déplacer", prédisent encore les porteurs de projet. Pas question cependant que ces nouveaux quartiers deviennent des "quartiers à bobos" ou pour classes moyennes. La ville parie en effet sur la mixité sociale, avec par exemple 30% de logements sociaux dans le "quartier de la Brasserie", et sur le mélange des familles et des générations. Le futur quartier Danube accueillera de fait une maison de retraite tandis que "la Brasserie" proposera une crèche et des jardins participatifs.
Privilégier l'émploi
En termes d'activité et d'emploi, les futurs quartiers écolo s'insèreront dans le tissu urbain déjà existant pour illustrer la "mixité de la fonction" des bâtiments en proposant bureaux et commerces. "Nous avons comme ambition de transformer toute la ville", a conclu Alain Jund mardi, très confiant de trouver autant de terrain constructible que nécessaire. L'élu écologiste admet déjà lorgner sur des friches "hostiles", nécessitant une dépollution, de la route du Rhin qui mène vers l'Allemagne. (afp/acx)


