Le satellite SMOS bientôt sur les traces de l'eau terrestre

Le satellite européen SMOS, qui doit être lancé dans la nuit de dimanche à lundi depuis la base russe de Plessetsk, va scruter la Terre pour cartographier l?humidité des sols et la salinité des océans, afin de mieux comprendre les changements climatiques.

La radiotélescope SMOS (Soil Moisture and Ocean Salinity) collectera les signaux radio ténus émis par la mince pellicule d'eau à la surface de la Terre. Les technologies qui ont rendu cette mission possible ont nécessité dix-sept ans de développement, indique l'Agence spatiale européenne (ESA).

"Le réchauffement climatique est un fait" mais ses conséquences sur le cycle de l'eau (précipitations, évaporation, ruissellement, infiltration dans le sol, stockage...) "sont incertaines", a expliqué récemment Yann Kerr, responsable scientifique de la mission SMOS au Centre d'études spatiales de la biosphère (Cesbio).

Il est nécessaire d'avoir de "meilleures données" car les modèles climatiques actuels "n'arrivent pas à restituer ce qui se passe", note cet expert. Pour l'impact du changement de climat dans une région précise du globe, la "disponibilité en eau a une contribution plus importante que la température elle-même", fait-il valoir.

Les données recueillies doivent permettre à SMOS de fournir des cartes de l'humidité du sol avec une résolution inférieure à 50 km, en balayant la totalité de la surface du globe en l'espace de trois jours depuis son orbite polaire à environ 758 km d'altitute.

SMOS doit aussi mesurer les variations du taux de sel dans l'eau superficielle des océans, dont la concentration en sel influe sur la circulation globale des eaux à la surface du globe. Le mouvement de plongée des eaux froides et de remontée des eaux chaudes, comparé à un gigantesque tapis roulant océanique, "régule le climat de la planète", rappelle Pierre-Yves Le Traon, de l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer (Ifremer).

Un ralentissement de cette ronde des eaux, qui mettent jusqu'à mille ans à revenir à leur point de départ, aurait des répercussions sur le climat. La salinité moyenne des océans correspond à 35 grammes de sel par litre d'eau. En cumulant 30 jours d'observations, SMOS sera capable de détecter au dixième de gramme près la teneur en sel dans un litre d'eau.

Grâce à 69 petites antennes reliées entre elles et réparties sur ses trois bras, SMOS, doté d'un nouveau type d'instrument, le radiomètre imageur MIRAS, pourra mesurer à la surface de la Terre le rayonnement émis dans une longueur d'onde de 21 cm. L'énergie de ces micro-ondes peut varier en fonction de l'humidité et de la salinité de l'eau.

SMOS est en place sur le pas de tir du cosmodrome de Plessetsk, dans le nord de la Russie, prêt pour le lancement, prévu lundi à 01H50 GMT, par une fusée Rockot, en même temps que le mini-satellite européen Proba-2 qui doit notamment observer le Soleil.

D'un coût de 315 millions d'euros, lancement compris, SMOS fait partie d'un programme commun d'observation de la Terre associant l'ESA et les agences spatiales française (CNES) et espagnole (CDTI). Le satellite européen GOCE, lancé le 17 mars dernier, doit aussi permettre de mieux connaître les courants océaniques, ainsi que le risque de séismes, en mesurant avec une extrême précision la gravité terrestre. (afp)
01/11/09 19h01
      mailIcon envoyer à un(e) ami(e)      printIcon Version imprime

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 80.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation


acap enabled
Mediargus
Metriweb