L'avis des Etats membres sur les OGM n'a pas été respecté
La Commission européenne n'a pas respecté l'avis des Etats membres, qui souhaitaient un renforcement de l'expertise, en autorisant une pomme de terre OGM au sein de l'Union, a regretté mercredi Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat française chargée de l'Ecologie.
"La France et l'ensemble des pays européens, à l'unanimité, avaient demandé en décembre 2008 à la Commission de changer de procédure. Elle ne l'a pas fait. Sur le fond, on ne reconnaît pas cette expertise", a déclaré Mme Jouanno, interrogée en marge du Salon de l'Agriculture à Paris.
Le renforcement de l'expertise, a-t-elle rappelé, portait sur les impacts environnementaux et non sanitaires. "Ce qu'on conteste aujourd'hui, c'est une proposition d'OGM dont ne voit pas ce qu'elle apporte: pourquoi accepter les incertitudes environnementales alors qu'on ne voit pas les bénéfices?", a-t-elle demandé.
"Notre position est très claire (...): oui à la recherche et à l'expertise, non aux OGM qui nous sont imposés", a-t-elle martelé. "On ne dit pas définitivement non aux OGM, peut-être demain apporteront-ils une solution en permettant de réduire les apports en eau et en intrants chimiques. Mais aujourd'hui, je vois bien les intérêts financiers mais pas l'intérêt pour la société".
La Commission européenne a donné mardi son feu vert à une pomme de terre génétiquement modifiée de la firme allemande BASF, destinée à la production d'amidon pour la pâte à papier et à l'alimentation animale. (belga)