Les USA prêts à un compromis sur la pêche à la baleine

Les Etats-Unis seraient prêts à accepter une légalisation internationale de la pêche à la baleine si le nombre de prises diminue, a indiqué jeudi une négociatrice, en marge de difficiles négociations en Floride entre partisans et adversaires de la chasse au géant des mers.

Les 88 pays membres de la Commission baleinière internationale (CBI) discutent depuis mardi à St. Pete Beach (Floride, sud-est des Etats-Unis) d'un projet de compromis qui autoriserait le Japon à poursuivre la chasse à la baleine, mais sous un strict contrôle et en acceptant une réduction drastique du nombre de cétacés tués.

Les négociations sont bloquées par un affrontement entre le Japon et l'Australie, qui s'oppose bec et ongles à une reprise de la chasse commerciale, objet d'un moratoire depuis 1986. Le Japon poursuit cependant la chasse depuis cette date à des fins "scientifiques", tandis que la Norvège et l'Islande refusent d'observer le moratoire.
 
Protection indispensable
Les Etats-Unis n'ont pas encore arrêté leur position, a indiqué la négociatrice américaine Monica Medina, tout en soulignant que "ce qui compte, c'est de savoir combien de baleines pourraient être protégées par un tel accord".

"L'administration américaine ne prendra jamais une position qui autoriserait la chasse commerciale à la baleine. Mais d'un autre côté, nous n'avons pas les moyens actuellement de l'empêcher", a-t-elle souligné. Washington ne peut se prononcer sans connaître le nombre d'animaux dont la chasse serait autorisée chaque année au terme de la réduction des prises proposée à la CBI, a fait valoir Mme Medina.

Surveillance satellite
Si la reprise de la chasse est autorisée, les navires seraient suivis par des systèmes de surveillance par satellite, selon ce projet qui prévoit aussi des analyses ADN d'échantillons de viande de baleine, souvent vendue au Japon dans les restaurants, afin de détecter la pêche illégale.

Le président de la Commission baleinière internationale, Cristian Maquieira, voit dans le projet un changement substantiel, arguant que le status quo actuel "n'est pas envisageable". Depuis la mise en place du moratoire il y a 24 ans, la Norvège, l'Islande et le Japon ont tué 30.000 baleines. (afp)
04/03/10 18h16
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