Un reportage de la télévision allemande ARD, diffusé le 22 juin, vient de lancer un pavé dans la mare: d'après celui-ci, le discours engagé du WWF ne correspondrait pas vraiment à son action réelle sur le terrain. L'association répond.
Sous le titre "Pacte avec le Panda: que cache le WWF?", l'auteur - Wilfried Huismann - dévoile des faits troublants sur l'association. Pendant un an, il a suivi sur le terrain l'action du WWF et là, surprise: le WWF accorderait des "certificats de développement durable" à des entreprises qui ne brillent généralement pas pour leur respect de l'environnement.
Parmi celles-ci: Monsanto. Plus connue pour ses produits chimiques et ses OGM..., mais on y trouverait aussi Unilever, Nestlé, etc. Selon le journal Süddeutsche Zeitung, le WWF se justifierait en affirmant que ces entreprises fabriquent du soja et de l'huile de palme durables.
Et les orang-outans?
L'association ne mettrait pas en place certaines actions pour lesquelles elle récolte pourtant de l'argent. Pour démontrer ces propos, l'auteur s'est rendu en Indonésie où le WWF est supposé lutter pour la sauvegarde de l'orang-outan de Bornéo. Or, l'équipe de tournage n'y a trouvé aucun projet émanant du WWF. Le WWF, au contraire, coopérerait dans la région avec une entreprise de production d'huile de palme, responsable en grande partie de la déforestation de l'île, déjà saccagée.
Dans son livre Qui a tué l'écologie? (Editions Les Liens qui Libèrent, 2011), Fabrice Nicolino dénonçait déjà certaines pratiques de l'association. Il y expliquait comment le Club des 1001 avait été créé: 1001 riches donateurs qui accepteraient de verser 10.000 dollars au WWF. Et peu importe dans quel domaine ces riches donateurs exercent leur talent, l'important étant de trouver de l'argent pour faire tourner l'association.
Nicolino soulignait aussi l'étrange silence de l'association du WWF Afrique du Sud au moment où le trafic d'ivoire d'éléphant remplissait les caisses du régime d'apartheid, entre le début des années 1980 et le sacre de Mandela, en 1994. Et d'ajouter plus loin: "Toute l'histoire du WWF montre qu'il a partie liée avec les intérêts industriels les plus contestables".
Le WWF répond
Face à ces critiques, le WWF répond: "Les entreprises dominent les affaires. Sans leur implication, nous n'atteindrons jamais notre objectif qui est de préserver les habitats menacés, tant pour l'homme que pour la nature. C'est la raison pour laquelle nous essayons d'influencer positivement les entreprises par des discussions et des partenariats."
Le WWF ajoute ne coopérer "avec aucun groupe actif dans le génie génétique, Monsanto compris. Le WWF est en revanche membre de la Table ronde pour un soja responsable (RTRS), un forum ouvert auquel tous les acteurs de la chaîne de production du soja peuvent participer, du petit agriculteur au grand groupe d'entreprises. Monsanto en fait également partie. Ce n'est pas pour autant que le WWF collabore avec Monsanto".
Concernant l'huile de palme, l'association reconnaît avoir "formé des collaborateurs de certaines sociétés productrices d'huile de palme (...) afin d'analyser et d'identifier les zones forestières précieuses dans le but d'empêcher la déforestation".
Pour ce qui est des orang-outans, le WWF termine en expliquant que la "plantation PT Rimba Hararpan Sakti n'est pas encore certifiée et ne peut donc pas être qualifiée de durable, mais que le projet prévoit bien une protection d'environ 4.000 (et non 80) hectares, soit environ un tiers de la plantation." (ca)


