La Norvège dément subventionner la chasse à la baleine
La Norvège, seul pays au monde avec l'Islande à autoriser la chasse commerciale à la baleine, a rejeté vendredi les accusations selon lesquelles elle subventionnait cette pratique hautement controversée avec des deniers publics.
"C'est totalement faux. Nous ne versons aucune subvention aux chasseurs de baleines et ces derniers ne nous en ont d'ailleurs jamais demandées", a déclaré le représentant de la Norvège auprès de la Commission baleinière internationale, Karsten Klepsvik.
Plus tôt dans la journée, le Fonds mondial pour la nature (WWF) avait affirmé que le Japon et la Norvège gaspillaient des millions de dollars pour subventionner la chasse à la baleine, non rentable. Selon un rapport cosigné par WWF et la Société pour la conservation des baleines et des dauphins, les autorités japonaises auraient versé 164 millions de dollars (118 millions d'euros) depuis 1988, et leurs homologues norvégiennes 20 millions de dollars (14 millions d'euros) depuis 1993.
En Norvège, sur les 15 dernières années, les subventions ont représenté l'équivalent de la moitié du revenu des ventes de viande, selon ce rapport. M. Klepsvik a rejeté ces affirmations en bloc. "Nous n'avons versé aucune subvention. Nous avons investi dans la recherche comme pour toutes les ressources que nous exploitons et à l'instar des autres pays, et dans des campagnes d'information, là aussi comme les autres pays qui veulent tous plaider leur cause et soigner leur image", a-t-il dit.
La chasse à la baleine, espèce considérée comme menacée, est officiellement interdite depuis un moratoire de 1986. La Norvège et l'Islande ne sont pas liées par ce moratoire, à l'égard duquel elles ont officiellement émis des réserves.
Jugeant les stocks abondants dans l'Atlantique nord, la première a repris la chasse au petit rorqual en 1993 et la seconde a repris la chasse au petit rorqual et au rorqual commun en 2006, provoquant à chaque fois un tollé international.
Le Japon autorise quant à lui la chasse officiellement à des fins scientifiques, même si la viande des cétacés est ensuite écoulée sur le marché. (afp/dl)