Les océans Indien et Pacifique sont particulièrement touchés par cette "mort blanche".
Dites non au commerce du corail.
Depuis plusieurs années, scientifiques et ONG tirent la sonnette d'alarme: le corail est en train de mourir. Il y a urgence: 10% des récifs coralliens sont morts, 30% sont déjà condamnés et 60% sont menacés de disparaître dans les années à venir. Des scientifiques prédisent d'ailleurs sa disparition avant la fin de ce siècle.
Si on prend en compte qu'il faut 100 millions d'années pour que le corail se réimplante, on se rend vite compte qu'il faut agir maintenant. Des solutions existent mais les Etats ne semblent pas motivés à mener des politiques de prévention, pourtant essentielles.
Les méfaits de l'homme
Le principal ennemi du corail, c'est l'Homme. L'activité humaine est en effet à l'origine de la destruction des récifs coralliens. Parmi celles-ci, la pêche est particulièrement meurtrière. Certaines techniques tuent les défenseurs naturels du corail, des espèces nécessaires à cet écosystème. Pire, la pêche à la dynamite tue les poissons mais détruit aussi le récif.
L'agriculture - avec ses engrais et ses pesticides -, la déforestation, les mines, mais aussi les déchets (plastique, métal...) parviennent jusqu'aux océans et déposent des sédiments dans les fonds marins qui privent le corail de lumière, qui meurt étouffé. De même, les derniers essais nucléaires de la France à Mururoa, dans le Pacifique, en 1997, ont endommagé l'écosystème de façon irrémédiable.
Victimes du tourisme
L'économie des régions côtières est essentiellement basée sur le tourisme. Qui dit tourisme dit infrastructures hôtelières mais aussi ports, autant d'aménagements qui inscrivent leurs empreintes sur la nature.
Les récifs coralliens sont aussi victimes de leur beauté: les plongeurs peuvent créer d'énormes dégâts. Le simple fait de les toucher peut provoquer des cassures irréparables. Sans parler des bijoux en corail et autres souvenirs de vacances criminels. Si vous savez que dix centimètres de corail met dix ans à se reformer, vous refuserez catégoriquement de participer à ce massacre.
Réchauffement
La température de la planète a augmenté de 1 degré en 100 ans. Si cela vous paraît peu, sachez qu'il s'agit du réchauffement le plus rapide qu'a connu la terre. Si les coraux apprécient les eaux chaudes (jusqu'à 29 degrés), une température plus forte les tue. Sous l'effet de la chaleur, les coraux rejettent la zooxanthelle (qui leur donne leur couleur mais aussi leur énergie) du coup, ils blanchissent et meurent. Les océans Indien et Pacifique sont particulièrement touchés par cette "mort blanche".
Les cyclones et les tempêtes provoquent aussi des dégâts considérables sur les coraux. Les litres d'eau qui s'abattent et les vents violents apportent une grande quantité de sédiments qui se déposent dans les fonds marins et empêchent la lumière de parvenir jusqu'au corail. Dans le même genre, le phénomène climatique El Nino, en 1998, a détruit environ 16% des récifs dans le monde.
Outre l'activité humaine et le réchauffement climatique, de nouvelles maladies et autres microbes l'agressent et perturbent son développement. Le corail doit donc faire face à de nombreuses attaques et celui-ci agonise lentement mais sûrement.
Agir
Il est donc urgent d'agir mondialement afin de sauvegarder les récifs coralliens. Un investissement financier mais aussi un changement radical dans notre fonctionnement. Ici, en Belgique, comme ailleurs. Bien entendu, c'est au niveau local que les initiatives seront le plus efficace à court terme. Il faudra trouver de nouvelles activités économiques qui ne nuiront pas à la protection du corail et limiter les actions de l'homme dans ces régions. Une réglementation stricte mais nécessaire.
Depuis 1994, les Etats-Unis, les Philippines, le Japon, l'Australie, la France, la Jamaïque, l'Angleterre et la Suède se sont associés en fondant l'Initiative internationale pour les récifs coralliens et écosystèmes associés (ICRI). Une organisation non gouvernementale qui sensibilise les populations, met en place des initiatives et surveille la bonne gestion de la protection des récifs. Aujourd'hui, elle regroupe 102 pays et 660 zones marines sont protégées.


