Le changement climatique alerte les destinations touristiques

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Par: rédaction
2/10/07 - 19h10
Les plages paradisiaques sont menacées.

Des représentants de pays touristiques ont poussé mardi un cri d'alarme pour attirer l'attention sur l'impact du changement climatique pour leur survie lors d'une conférence internationale à Davos.

Les représentants du gouvernement et du tourisme d'Australie, d'Egypte, des îles Fidji et des Seychelles ont souligné les dégâts causés par la hausse du niveau des mers, des températures et par les ouragans sur leurs plages et les massifs de coraux. Des sites qui représentent une partie vitale de leurs économies. "La question du changement climatique n'est plus une thématique d'avenir, c'est un sujet pour aujourd'hui", a déclaré la secrétaire fidjienne au Tourisme, Bannve Kuamaitotoya, lors de la conférence organisée par l'Organisation mondiale du tourisme (OMT). "Il y a un sentiment d'urgence dans le Pacifique sud", a-t-elle souligné lors de cette réunion qui rassemble dans la station suisse de Davos des agences des Nations unies, des représentants d'Etats et du milieu touristique jusqu'à mercredi.

Situées dans le Pacifique sud, les îles Fidji attirent chaque année 500.000 visiteurs et son secteur touristique compte pour 80% des projets de développement. Le tourisme y est désormais menacé par l'érosion des plages et la fréquence des ouragans. De même les Maldives et les Seychelles, situées dans l'océan Indien, sont confrontées à la hausse du niveau des mers. Le directeur général du Tourisme des Maldives, Abdullah Mausoom a souligné la vulnérabilité des îles face à la fonte des glaciers et la hausse du niveau des mers. Les trois-quarts de l'archipel se situent seulement à 1,3 mètre au-dessus du niveau de la mer.

Le responsable australien chargé de la protection de la grande barrière de corail, Andrew Skeat, a souligné la décoloration du corail due à la hausse du niveau des températures sur l'un des sites les plus visités du pays. Le ministre égyptien du Tourisme, Mahmoud El Kaissouni, s'est inquiété des prédictions sur la hausse du niveau des mers le long des côtes méditerranéennes. Le réchauffement décolore les coraux qui attirent des milliers de touristes sur la côte de la mer Rouge, a souligné le ministre. Sur les 9 millions de touristes qui visitent l'Egypte chaque année, 3 millions sont des plongeurs, a-t-il souligné pour s'alarmer du sort des 12% de travailleurs employés dans le tourisme.

Certaines destinations balnéaires s'inquiètent aussi d'une limitation du transport aérien, qui représente 40% des émissions de gaz à effet de serre provoquées par le tourisme. Toute mesure affectant les vols longs courrier entraînerait des conséquences graves pour l'économie des Seychelles, a averti Michael Nalletamby, de l'office du tourisme de l'archipel. Le bouleversement climatique pourrait s'accompagner de "très grands" changements dans les habitudes touristiques dans les cinquante années qui viennent, selon un rapport onusien dont le sommaire a été présenté à Davos. Les Européens du nord pourraient ainsi délaisser les destinations les plus chaudes au profit de vacances moins lointaines mais au climat devenu plus agréable.

Certaines destinations populaires en Méditerranée, dans les Caraïbes ou en Amérique du nord pourraient souffrir de cette évolution, selon ce rapport qui doit être présenté en novembre lors d'une conférence ministérielle à Londres. (afp)
(DGO)

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