Bayat: "On me critique parce que je suis musulman"

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14/03/12 - 13h30

Abbas Bayat livre ses vérités dans Sport/Foot Mag. Le président du Sporting de Charleroi revient sur les dossiers qui ont fait l'actualité du club ces dernières semaines.

© photo news.
 
"On me traite de dictateur parce que je n'ai pas peur de prendre des décisions. C'est ce qui manque en Belgique."
Abbas Bayat
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"Je ne suis pas Carolo et je prends des décisions comme limoger Jacky Mathijssen, le chouchou des supporters. Pour certains, c'est dur à accepter. Mais à la base de tout cela, il y a un sentiment de xénophobie."
Abbas Bayat
© belga.
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À propos de la presse française qui l'accuse d'être un des dictateurs du football européen: "Cela en dit long sur le caractère des Français: ils se permettent de se mêler de tout. Si un Français pense que je suis un dictateur dans mes propres sociétés, il ne comprend pas le monde des 2.000 dernières années. Comment peut-on dire que je suis un dictateur? Je ne vais pas soumettre toute décision au vote des joueurs ou des supporters quand même!"

"20 ou 30% de racistes"
"Je suis un très bon communicateur avec les gens avec lesquels je travaille. J'ai parlé à l'époque avec des supporters. Mais à ceux qui ne sont pas rationnels, que voulez-vous que je leur dise? Tout le monde n'est pas ouvert à la discussion. Dans toute l'Europe, il y a, par exemple, 20 ou 30 % de racistes avec lesquels on ne sait pas discuter."

"Musulman et irano-américain"

"On me critique pour trois raisons. 1. Je ne suis pas belge et je pense que cela sert de justification pour dépasser les limites. 2. Je suis musulman. 3. irano-américain. Tout le monde pense que les Iraniens et les Américains sont fous, et que le monde musulman est un monde de terreur. Cela suffit pour ne pas m'aimer."

"Je ne connais pas Charleroi"
Pour Bayat, Charleroi, "c'est l'endroit où se trouve le club. Je vais simplement là pour voir les matches. Je sors de l'autoroute au-dessus du stade, puis je rentre chez moi. Je n'habite pas là, je ne socialise avec personne à Charleroi. A vrai dire, je ne connais pas Charleroi."

"La corruption, la spécificité"
"Il n'y pas d'identité régionale à Charleroi. Il y a des Italiens, des Portugais, des Marocains, des Turcs. C'est une ville sans identification forte comme à Bruges ou Gand. En fait, il y a une spécificité à Charleroi : la corruption politique. La première chose que j'ai lue sur Charleroi disait qu'il s'agissait de la capitale européenne du car-jacking. Que dois-je penser de cela? Cependant, pour comprendre une ville, il faut y habiter pendant des années."

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