Les mers et les océans sont une source vitale pour la vie sur Terre, mais ils sont confrontés à des menaces croissantes. Que ce soit via notre consommation de poissons, via le transport de nos marchandises, la production de l'énergie ou l'utilisation de la mer à des fins récréatives, nous influençons tous les écosystèmes marins et nous sommes tous responsables de leur détérioration.
Le constat est limpide: nous avons face à nous une mer de problèmes: eutrophisation, acidification des océans, espèces envahissantes, prolifération d'algues nuisibles, diminution de la taille des poissons, microplastiques, destructions des habitats marins, pollution sonore, etc. La liste est longue et il est temps d'y mettre un terme.
Et pour mieux planifier les ressources, il faut avant tout reconnaître les relations qui lient la terre, l'air, l'eau et tous les êtres vivants, y compris les personnes, leurs activités et les institutions. Soit nous faisons équipe pour soutenir la vie marine, soit l'avenir des mers et des océans deviendra une cause perdue, avec des conséquences sur la biodiversité, les paysages côtiers et les emplois qui en dépendent.
Au coeur de nos vies
Comme le Dr Mitrasen Bhikajee, Secrétaire exécutif adjoint de la Commission océanographique intergouvernementale de l'UNESCO, l'a rappelé lors de la Green Week qui se tient cette semaine à Bruxelles: les océans contiennent 96% de l'espace vital de la Terre, ils fournissent environ la moitié de l'oxygène que nous respirons, ils représentent 5% du PIB mondial. Sans oublier que 40% de la population vit le long de ses côtes.
La pêche fournit 15% de l'apport de protéines animales à 4,2 milliards de personnes, offre un emploi à environ 180 millions de personnes et les océans font vivre de nombreuses industries (navigation, pétrole et gaz, tourisme...). De plus, ils absorbent 26% des émissions de CO2 anthropiques émises chaque année. On ne peut donc nier l'importance qu'ont ceux-ci dans notre quotidien.
Pas assez mis en oeuvre pour les protéger
Hélas, les océans se portent mal. L'acidification gagne du terrain et les océans pourraient être 150% plus acides d'ici à 2100. Mais rien n'est fait, ou très peu, pour les protéger. En effet, moins de 1% des zones marines mondiales sont protégées et il n'existe quasiment pas de protection des eaux internationales en haute mer.
La pollution qui tue nos océans provient pour 80% de l'activité humaine basée sur terre. Les ordures s'accumulent en énormes plaques flottantes et chaque kilomètre carré d'océan contient 46.000 morceaux de plastique flottants. Difficile de ne pas reconnaître que l'homme a marqué les océans de son empreinte.
Il est donc indispensable que des politiques soient mises en place pour préserver ces denrées rares. En développant, par exemple, une meilleure gestion des déchets, en évaluant régulièrement l'état des mers et des océans au niveau local et mondial, en étudiant plus profondément l'impact humain sur les écosystèmes et en apportant des solutions pour en limiter les dégâts.
Agir ensemble
Pour le moment, on constate surtout un manque de volonté politique. Or, il faut une nouvelle approche du problème globale et fondée sur la protection des écosystèmes. "Une stratégie commune pour la gestion des ressources sur terre et en mer qui favorise la conservation et l'utilisation durable de nos ressources mondiales".
Certains réclament pour cela, une réforme de la Politique européenne de la pêche afin de remettre la pêche européenne sur le droit chemin, après des décennies de mauvaise gestion. Ce qui ne veut pas dire ne plus pêcher, mais mieux pêcher: en arrêtant de gâcher des milliers de poissons pris accidentellement dans les filets, en établissant des quotas réalistes, en poussant les autres pays du monde à faire de même.
Mieux gérer les ressources des océans ne veut pas dire perte économique. De nouvelles innovations permettent de tirer profit de ce que les mers nous offrent, tout en ayant un impact écologique limité lorsqu'elles sont correctement mises en place: éolien offshore, la croissance houlomotrice, marémotrice et des courants... qui devraient créer 470.000 emplois d'ici 2050.



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