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L'association environnementale Greenpeace se dit "déçue et scandalisée" par la décision prise mercredi matin par le comité ministériel restreint de prolonger la durée de vie de la centrale nucléaire de Tihange de 10 ans, et d'arrêter les centrales 1 et 2 de Doel. Elle demande au gouvernement fédéral de respecter la loi telle qu'elle a été votée en 2003, et de ne pas "jouer avec la sécurité des populations" vivant aux alentours des centrales de Tihange et de Doel.
"Par cette décision, le gouvernement ne respecte qu'à moitié la loi de 2003. Un texte législatif est pourtant édicté pour être respecté dans son entièreté. De plus, on ne fait baisser que de moitié notre capacité nucléaire", explique Eloi Glorieux, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace.
Le gouvernement a justifié ce prolongement par le risque d'un manque d'approvisionnement d'électricité durant l'hiver. D'après Greenpeace, les centrales au gaz peuvent assumer les besoins en énergie en cas de circonstances normales. Pour les situations hors normes telles que des périodes importantes de grand froid ou des centrales à l'arrêt car en entretien, "là, un problème d'approvisionnement pourrait effectivement se poser. Mais la Commission de Régulation de l'Électricité et du Gaz (Creg) a précisé elle-même il y a quelques semaines qu'il n'y a pas de risques de black-out. Et même en cas de problèmes ponctuels en approvisionnement, des mesures alternatives peuvent être prises. Il n'y a donc aucune raison qui justifie un prolongement de 10 ans de la centrale de Tihange."
Cette décision du gouvernement prévoit que 20% de la production nucléaire seront mis à la disposition du marché pour accroître la concurrence entre les fournisseurs et permettre les prix les plus bas possibles aux consommateurs et aux entreprises. "Avec ces 20%, les autres fournisseurs vont être dissuadés et ne vont plus vouloir investir dans les centrales à gaz", rétorque Eloi Glorieux. "Or, si les trois centrales nucléaires (Doel 1 et 2, et Tihange 1) fermaient en 2015, l'exploitation de ces centrales au gaz deviendrait rentable".
Le spécialiste du nucléaire met aussi en évidence que l'énergie nucléaire n'est pas compatible avec les énergies renouvelables. En effet, l'exploitation des centrales nucléaires est continue et n'est pas flexible. "Si on a un trop-plein d'énergie sur le réseau dû à la combinaison des énergies nucléaire et renouvelable, on aura alors un véritable problème physique de surcharge. Avec les centrales au gaz, dont on peut réguler l'exploitation, ce problème de compatibilité ne se pose plus".
Greenpeace précise enfin que ces centrales au gaz doivent s'inscrire dans une phase de transition avant de faire place à une énergie 100% renouvelable.



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