Paris écarte tout report du paquet Climat-Energie à 2009

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Par: rédaction
20/10/08 - 22h35
"Nous n'avons pas été mandaté pour repousser le paquet Climat-Energie", a indiqué lundi à Luxembourg le ministre français du Développement durable, Jean-Louis Borloo.

La présidence française de l'Union européenne a rejeté lundi la demande italienne de reporter l'adoption définitive des plans européens visant à lutter contre le réchauffement climatique à 2009 plutôt que d'ici la fin de cette année comme prévu.

"Nous n'avons pas été mandaté pour repousser le paquet Climat-Energie", a indiqué lundi à Luxembourg le ministre français du Développement durable, Jean-Louis Borloo, citant les conclusions du récent sommet européen de Bruxelles. Réunis lundi à Luxembourg, les ministres européens en charge de l'Environnement ont entamé de difficiles négociations sur la mise en oeuvre du paquet 'Climat-Energie', lequel énonce les moyens à mettre en oeuvre par les 27 pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de l'UE de 20% d'ici 2020.

Ce débat intervient trois jours à peine après le sommet européen d'automne, où sept pays de l'ex-Europe de l'est ainsi que l'Italie ont demandé, vu la crise actuelle, une renégociation de certaines modalités du plan et des différents efforts nationaux. "Le paquet tel qu'il est ne nous convient pas", a martelé dès son arrivée lundi à Luxembourg la ministre italienne de l'Environnement, Stefania Prestigiacomo. "Il est insupportable. Il a besoin de changements profonds".

Pour Rome, tout accord devait en outre est suspendu à une clause de révision en 2009 afin de mener des études approfondies pour mesure l'impact que celui-ci aura sur les entreprises. Le point le plus litigieux de plan de bataille européen est le renforcement du système européen d'échange de quotas de CO2, un mécanisme qui plafonne depuis 2005 les émissions des entreprises les plus énergivores. La Commission européenne propose d'imposer progressivement d'ici 2020 une réduction de 21% du nombre de ces quotas par rapport à 2005, et de ne plus délivrer ceux-ci gratuitement aux industries comme aujourd'hui, mais de les mettre aux enchères, ce qui devrait rapporter quelque 50 milliards d'euros par an aux Vingt-sept.

L'exécutif européen souhaite qu'au moins 20% de ces revenus servent à financer le développement des technologies propres, mais cette idée n'est pas du goût de tous les Etats membres qui entendent garder toute latitude sur la manière de dépenser cet argent. Malgré le blocage patent entre les Vingt-sept, la présidence française a réitéré lundi sa volonté de boucler le dossier avant la conférence internationale sur le changement climatique, organisée la première quinzaine de décembre à Poznan (Pologne).

"C'est pas la peine d'aller à Poznan si l'Europe ne fait pas preuve de sa capacité à aller de l'avant", a averti M. Borloo. Pour tenir ce calendrier très serré, la présidence française va multiplier ces prochaines à venir les contacts au niveau des ambassadeurs des Vingt-sept, et organiser au besoin des rencontres en tête à tête avec les pays les plus récalcitrants. (belga)

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