Le bouclier antimissile américain et la situation en Ukraine ont figuré mercredi au centre d'un entretien de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, avec son homologue polonais Radislaw Sikorski, selon le département d'Etat.
Clinton a réitéré les conditions d'Obama
Selon un responsable du département d'Etat ayant requis l'anonymat, M. Sikorski a évoqué le projet de bouclier antimissile lancé par l'administration de l'ancien président George W. Bush et réexaminée par la nouvelle administration américaine. Mme Clinton lui a répondu, reprenant les termes du président Barack Obama, que ce projet devait se révéler "efficace, sûr et rentable", assurant néanmoins que les Etats-Unis souhaitaient "renforcer la coopération sécuritaire" avec la Pologne, a ajouté ce responsable.
M. Sikorski a répondu "comprendre" que l'administration Obama, qui a pris ses fonctions il y a un peu plus d'un mois, ait besoin de temps. Il a néanmoins insisté sur le déploiement sur le sol polonais d'une batterie de missiles américains Patriot, promise par l'administration Bush, a-t-on précisé de même source. Washington avait signé l'an dernier avec Prague et Varsovie des accords pour la mise en place, à l'horizon 2013, d'un puissant radar en République tchèque, qui devrait être couplé à dix intercepteurs basés en Pologne, pour contrer de possibles attaques de missiles balistiques de longue portée.
Repousser notamment des missiles iraniens
Les Etats-Unis affirment que l'installation du bouclier - approuvée par l'OTAN il y a un an - vise à repousser des missiles pouvant être lancés par des Etats ennemis des Etats-Unis comme l'Iran, qui pourraient, selon eux, développer des missiles à tête nucléaire d'ici à 2015-2017.
Mais la Russie considère ce projet comme une menace pour sa propre sécurité, et elle vient de proposer aux Etats-Unis un bouclier antimissile tripartite qui inclurait aussi l'Europe, en remplacement de l'actuel projet américain.
Le cas ukrainien
Les deux ministres ont aussi longuement parlé de l'Ukraine, et notamment de la meilleure façon de soutenir ce pays de l'ex-URSS profondément divisé entre pro-occidentaux à l'Ouest et russophiles au sud et à l'est. M. Sikorski s'est félicité de la volonté annoncée par Washington d'ouvrir un poste diplomatique en Crimée, une région russophone qui abrite la flotte russe de la mer Noire et a estimé que Washington et Varsovie devaient "encourager" d'autres pays à faire de même. (ap/acx)


