De Gucht a perçu une volte-face dans l'attitude américaine
Le ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, a affirmé avoir perçu mercredi soir une "toute autre atttitude" de l'administration Obama envers la Russie et à propos du Proche-Orient à l'issue d'une première rencontre à Bruxelles des chefs de la diplomatie de l'OTAN et de l'Union européenne avec leur homologue américaine, Hillary Clinton.
J'ai constaté "un positionnement plus ouvert de la nouvelle
administration envers la Russie qui reste une force mondiale dont il faut tenir compte", a-t-il indiqué à la presse à l'issue d'un dîner informel ayant rassemblé tous ces ministres à la veille d'une réunion ministérielle de l'OTAN précédant un sommet atlantique fixé début avril.
Changer de fusil d'épaule avec la Russie"L'approche de l'administration (du président américain Barack Obama), c'est qu'il faut s'engager avec la Russie. C'est clairement une autre attitude (que celle de l'administration Bush)", a ajouté M. De Gucht.
Selon lui, Mme Clinton n'a pas fourni lors de ce dîner, baptisé
"Gymnich transatlantique", d'indication spécifique sur le marché proposé par le nouveau président américain à la Russie.
M. Obama a écrit à son homologue russe une lettre qui lie l'avenir du
projet américain de bouclier antimissile en Europe à l'attitude de la
Russie face à la "menace" posée par l'Iran et son programme nucléaire, à des fins supposées militaires.
La secrétaire d'Etat a plutôt évoqué les "relations globales" à avoir
avec la Russie, qui reste un géant énergétique dont dépendent de nombreux pays voisins ou membres de l'Union européenne, "sans être naïf", a ajouté M. De Gucht.
Rétablir le dialogueIl s'est toutefois refusé à confirmer l'imminence de la reprise des
réunions normales des Conseils OTAN-Russie, suspendues depuis le mois d'août en guise de protestation contre l'intervention russe en Géorgie.
"La chance existe que l'on décide dans les prochaines semaines de
relancer le Conseil OTAN-Russie, a souligné le ministre, faisant allusion aux semaines qui s'annoncent avant le prochain sommet de l'OTAN, prévu les 3 et 4 avril à Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne), de part et d'autre du Rhin. "La majorité (des 26 pays alliés) sont en faveur d'une reprise de cette expérience, sans trop d'illusions", a-t-il dit.
Selon M. De Gucht, le dîner de mardi soir a également permis d'évoquer la situation au Proche-Orient et en Afghanistan, avec en toile de fond le Pakistan voisin.
Le cas GuantanamoLa question de l'accueil d'anciens détenus de Guantanamo en Europe n'a pas été abordée, a-t-il assuré.
Dans l'avion qui l'amenait mercredi à Bruxelles, Mme Clinton s'est
toutefois s'est déclarée "très encouragée" par les réponses positives des Européens à la demande américaine d'accueillir d'anciens détenus. "Je suis très encouragée par ce que j'ai entendu", a-t-elle dit.
"Nous avons été tout à fait encouragés par les réponses positives et
réceptives que nous avons reçues mais nous ne sommes pas encore prêts à présenter des demandes spécifiques", a poursuivi la secrétaire d'Etat.
Un travail interne avant tout"C'est une chose dont nous reparlerons avec eux quand nous aurons
achevé notre propre travail interne sur cette question", a-t-elle précisé aux journalistes l'accompagnant dans sa tournée. "Je pense que ce sera un domaine dans lequel nous aurons une bonne
relation de travail", a-t-elle conclu.
M. Obama a décrété le 22 janvier la fermeture du centre de détention
de Guantanamo d'ici un an, marquant une rupture avec la politique
controversée de lutte contre le terrorisme de son prédécesseur George W. Bush.
Mais les Etats-Unis ont besoin de l'aide de leurs partenaires étrangers pour fermer ce camp controversé, où plus de 200 personnes sont encore détenues sans jugement. Pour l'instant, seuls quelques pays européens se sont dits prêts à coopérer avec Washington. (belga/acx)