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Obama mobilise tout son capital politique face à la tourmente AIG

Le président américain Barack Obama a mobilisé tout son capital politique en assumant les responsabilités éventuelles du premier scandale de sa présidence et en lançant une grande campagne auprès des Américains pour faire à nouveau entendre son message.

"Je sais que Washington est dans tous ses états, que tout le monde montre son voisin du doigt en disant que c'est de sa faute", a dit M. Obama lors d'une réunion publique à Costa Mesa (Californie), au début d'une opération de plusieurs jours devant lui permettre de dominer à nouveau le débat. "Ecoutez, j'assumerai la responsabilité. C'est moi le président", a-t-il dit devant plusieurs centaines de personnes entièrement acquises à sa cause, qui l'ont acclamé en entendant ces propos.

Depuis le week-end, son message d'action et de changement est couvert par l'affaire AIG, le géant de l'assurance qui vient de verser 165 millions de primes à ses responsables alors qu'il est sous perfusion de l'Etat et que les Américains se débattent avec la pire crise depuis des décennies. L'administration est pressée de questions sur les raisons pour lesquelles elle n'a pas pu empêcher le versement de ces bonus qui suscitent une indignation généralisée. Le scandale expose aussi l'un des plus importants ministres de M. Obama, le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, deux mois seulement après l'installation de la nouvelle administration.

"Je sais que beaucoup d'entre vous sont scandalisés; à juste titre; je suis scandalisé moi aussi", a déclaré M. Obama. Il a insisté sur le fait que cette situation n'était pas du fait de son administration, que les contrats aux termes desquels les primes ont été payées avaient été rédigés bien avant sa présidence. Quant à son secrétaire au Trésor, "j'ai une confiance totale dans Tim Geithner et dans toute mon équipe économique", a-t-il souligné. Mais ses collaborateurs s'inquiètent du risque que la colère populaire ne se retourne contre l'administration et ne complique les projets de M. Obama. Aussi l'administration a-t-elle lancé une grande campagne de communication.

A Costa Mesa, M. Obama a dit que c'était son "boulot de réparer les dégâts" causés par AIG "même si ce n'est pas moi qui les ai causés". Mais, dans une région durement affectée par le chômage et les saisies de maisons, il a aussi défendu le gigantesque plan de relance qu'il a promulgué en février et qui est censé sauver ou créer 3,5 millions d'emplois en deux ans, ainsi que les mesures adoptées pour l'immobilier, et son budget. M. Obama devait se prêter jeudi en Californie à une nouvelle réunion aux allures de meeting de campagne.

Il devait le même jour participer à l'émission du comique Jay Leno, une institution de la télé américaine. Cette apparition exceptionnelle est appelée à rallier une audience considérable. Il enregistrera vendredi un entretien avec la chaîne CBS pour l'émission "60 minutes" qui sera diffusé dimanche. "Cela fait partie de l'effort visant à parler aux Américains", a expliqué un porte-parole, Bill Burton. A Costa Mesa, M. Obama a eu droit à des déclarations d'amour de ses supporteurs.

Leur première question a été de lui demander s'il briguerait sa propre succession en 2012. Même si cette candidature paraît ne pas faire de doute pour grand monde, M. Obama s'en est tiré par une pirouette en disant que c'était la "dernière chose" à laquelle il pensait, mais qu'il préférait être un "bon président" pendant quatre ans plutôt "qu'un président médiocre pendant huit ans". (afp/th)
19/03/09 11h30
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