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Obama souligne l'intérêt de l'Europe à lutter contre Al-Qaïda

Le président américain Barack Obama a exhorté vendredi en France les Européens à contribuer davantage à la guerre en Afghanistan, affirmant que la menace d'Al-Qaïda était plus immédiate pour eux que pour les Etats-Unis.

"C'est un problème qui nous est commun"
A quelques heures d'un sommet de l'OTAN qui devrait être centré sur l'Afghanistan, M. Obama a appelé les pays européens de l'Alliance atlantique à se porter davantage en première ligne. Le président américain a dévoilé la semaine dernière une nouvelle stratégie contre les talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda. Cette stratégie "aura une composante militaire et l'Europe ne devrait pas s'attendre à ce que les Etats-Unis portent seuls ce fardeau", a-t-il déclaré devant des milliers de personnes rassemblées dans un grand gymnase de Strasbourg, dans l'est de la France.

"C'est un problème qui nous est commun. Et il nécessite un effort conjoint", a-t-il ajouté, dans sa première rencontre avec des citoyens européens qui restent très sceptiques sur la nécessité de cette guerre. En raison de la proximité de ses bases arrières en Afghanistan et au Pakistan, "il est probablement plus vraisemblable qu'Al-Qaïda lance une grave attaque terroriste en Europe qu'aux Etats-Unis", a mis en garde M. Obama, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président français Nicolas Sarkozy.

Sarko soutient mais sans militaires supplémentaires
"Nous soutenons complètement la stratégie américaine en Afghanistan", a répondu M. Sarkozy, tout en répétant qu'il n'y aurait pas davantage de renforts militaires français. Mais, a-t-il ajouté, "nous sommes prêts à faire davantage sur le plan de la police, de la gendarmerie, sur le plan de l'aide économique pour former des Afghans et pour l'Afghanisation". Les Etats-Unis ont annoncé l'envoi de 21.000 militaires supplémentaires dans ce pays et une aide civile accrue. M. Obama pourrait encore décider d'envoyer 10.000 hommes de plus.

L'OTAN, déployée depuis 2003 en Afghanistan où elle commande la force internationale d'assistance à la sécurité (ISAF), forte désormais de 61.000 soldats, n'a pas réussi à endiguer les attaques de plus en plus meurtrières des talibans. Pour garantir la sécurité de la présidentielle afghane prévue en août, les dirigeants de l'Alliance, qui fête vendredi et samedi son 60ème anniversaire, devraient annoncer l'envoi de quatre bataillons - entre 3.000 et 4.000 hommes - réclamés par leurs chefs militaires.

Van Rompuy sur la même ligne que Merkel
Le gouvernement belge a ainsi aprouvé vendredi l'envoi d'une soixantaine de militaires supplémentaires en Afghanistan et deux avions de combat F-16 ainsi que de doubler son aide financière à 12 millions d'euros par an, a indiqué vendredi le Premier ministre Herman Van Rompuy dans un communiqué. Mais, comme la France, certains Européens préfèrent se concentrer sur la formation de la police et d'une gendarmerie afghanes. La chancelière allemande Angela Merkel, qui devait accueillir M. Obama dans l'après-midi à Baden-Baden de l'autre côté de la frontière, est sur la même ligne.

Le dossier afghan dominera les discussions au dîner inaugural du sommet des 28 dirigeants de l'OTAN à Baden-Baden mais M. Obama recherche manifestement l'harmonie avec les alliés. Il a rendu un hommage appuyé au président français, saluant le "rôle de leadership extraordinaire" de Paris. Dans sa rencontre avec les Strasbourgeois, il a regretté la "dérive" entre Européens et Américains au cours des dernières années, dénonçant à la fois la condescendance américaine vis-à-vis de leurs alliés et l'anti-américanisme insidieux des Européens.

Et la Russie

A Baden-Baden, les dirigeants évoqueront aussi les relations en dents de scie qu'entretient l'Alliance avec le difficile partenaire qu'est la Russie. Ils pourraient aussi ne pas réussir à se mettre d'accord sur le choix du nouveau secrétaire général de l'OTAN, en raison d'un veto turc à la candidature du Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen. Samedi matin, lors de la partie officielle du sommet à Strasbourg, ils doivent aussi lancer la réflexion sur le nouveau concept stratégiques de l'OTAN pour remplacer celui datant de 1999 et qui ne tient pas compte de nouveaux défis, omme la guerre cybernétique, la sécurité de l'approvisionnement énergétique et les conséquences des changements climatiques.

Ces travaux dureront plus d'un an. Mais le conseiller à la sécurité nationale du président américain, l'ex-général James Jones, a lancé un pavé dans la mare en se prononçant pour que l'OTAN ne soit plus une alliance "réactive" mais soit désormais apte à prévenir les conflits. Une conception de l'Otan "gendarme du monde" qui contredit celle de nombreux Européens, France, Allemagne et Belgique en tête. (belga/th)
03/04/09 17h26
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