Les relations entre les Etats-Unis et l'Europe entrent dans une nouvelle ère avec l'arrivée de Barack Obama. Aussi bien au niveau du contenu que des relations personnelles, le nouveau président apporte un nouveau ton par rapport à son prédécesseur George W.
Bush, a estimé dimanche le Premier ministre Herman Van Rompuy à l'issue d'une rencontre à Prague entre M. Obama et les dirigeants européens.
Pour M. Van Rompuy, la rencontre à Prague illustre le fait que les points de vue européens et américains convergent de plus en plus. Que ce soit sur le changement climatique, l'approche de la crise économique ou l'Afghanistan, les Européens et les Américains se retrouvent plus ou moins sur la même longueur d'onde.
"Le président américain a prononcé des mots qui jusqu'il y a peu étaient impensables. Il a ainsi plaidé pour une défense européenne forte", a dit M. Van Rompuy. "Il a des points de vue très européens", a-t-il ajouté.
Au niveau personnel, M. Van Rompuy voit aussi une rupture. "Sa manière de s'exprimer, sa manière de se comporter avec les gens et sa capacité d'écoute sont une rupture avec le passé. C'est un message rassurant pour le monde", souligne M. Van Rompuy.
Le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht, qui a assisté à une réunion avec la secrétaire d'Etat Hillary Clinton, va dans le même sens. "Ce qui frappe est l'ouverture de la nouvelle administration. Les Américains sont toujours amicaux mais avec la précédente administration on avait toujours l'impression qu'ils n'écoutaient pas vraiment", a estimé M. De Gucht.
Sceller une nouvelle relation transatlantique était un des principaux objectifs de la rencontre de Prague. Il faudra maintenant voir comment l'Europe et les Etats-Unis vont effectivement travailler de concert sur la scène internationale.
La lutte contre le réchauffement climatique sera un test. L'Union européenne a pris l'initiative avec son engagement de diminuer de 20% les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. Les Européens comptent sur M. Obama pour rallier le reste du monde. La proposition actuellement examinée par le Congrès américain vise des réductions de 5 à 6% d'ici 2020.
Le président français Nicolas Sarkozy a estimé que les Etats-Unis devaient faire davantage. M. Van Rompuy n'est pas aussi catégorique: "Il ne s'agit dans cette phase d'objectifs et de chiffres.
Ce qui est important pour le moment, c'est la volonté politique de rompre avec le passé et d'enregistrer des progrès, sur le plan national comme international".
Le plaidoyer de M. Obama pour réduire les arsenaux militaires agrée les dirigeants belges. Pour M. De Gucht, l'engagement envers la ratification du traité CTBT (traité d'interdiction complète des essais nucléaires) est "peut-être la nouvelle la plus importante".
"Même avec un nouvel accord de non-prolifération, les Etats-Unis et la Russie ont assez d'armes nucléaires pour détruire le monde plusieurs fois mais, sans nouveaux essais, il n'y aura pas développement de nouvelles armes", souligne M. De Gucht.
Ce n'est que sur la Turquie qu'il y a quelques petites frictions entre les Etats-Unis et l'Europe. Tout comme ses prédécesseurs, M. Obama plaide pour l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Vu que les temps de parole étaient strictement limités, aucun dirigeant n'a réagi pendant la réunion.
Mais, à l'issue du sommet, le président Sarkozy a souligné que les décisions sur les adhésions à l'Union européenne appartenaient aux seuls Etats membres. M. Sarkozy est opposé à une entrée de la Turquie dans l'Union européenne.(belga/chds)


