Obama au Mexique, pour ses premiers pas en Amérique latine
Le président américain Barack Obama arrive jeudi au Mexique, pour sa première visite de chef d'Etat en Amérique latine, dans un pays qui attend beaucoup dans la coopération anti-drogue. Un contentieux commercial et peut-être une nouvelle politique d'immigration aux Etats-Unis seront également à l'ordre du jour.
L'arrivée de M. Obama confirmera le changement de politique de Washington face au trafic de la cocaïne dont les cartels mexicains inondent les Etats-Unis, premier client mondial. M. Obama a déjà fait part de sa résolution à s'attaquer au trafic sur le territoire américain, à la différence de ses prédécesseurs, pour lesquels cette lutte était essentiellement circonscrite au Mexique.
L'enjeu des cartelsIl a renforcé les contrôles sur la frontière longue de 3.000 km y compris, cette fois, à la sortie des Etats-Unis, d'où proviennent armes et argent à destination des cartels. La venue de M. Obama a été notamment précédée de la visite en mars de sa secrétaire d'Etat Hillary Clinton venue confirmer les engagements de son président.
Elle a offert au Mexique, à titre d'aide d'urgence, deux hélicoptères de combat pour combattre les cartels dans le nord frontalier, où se concentrent leurs activités meurtrières: 2.400 des 5.300 morts violentes qu'on leur a imputées en 2008 dans l'ensemble du pays.
"Pour la première fois depuis des dizaines d'années, les Etats-Unis ont accepté au plus haut niveau de reconnaître une responsabilité partagée dans le trafic de drogue", souligne Rosanna Fuentes-Berain, de l'édition espagnole du magazine américain Foreign Affairs. Certes, la coopération américaine contre la drogue au Mexique a été organisée avant l'élection de M. Obama, mi-2008, avec "L'Initiative de Merida", qui prévoit une aide de 1,6 milliard de dollars en trois ans à la région, dont 1,4 milliard au Mexique et le reste à l'Amérique centrale et aux Caraïbes.
Près de 200 millions de dollars avaient déjà été dégagés pour Mexico fin 2008, et Washington en prévoit 700 autres en 2009. "La différence compte peu en termes financiers, ce qui est important, c'est le ton", selon Mme Fuentes-Berain. Le président mexicain Felipe Calderon pour qui la lutte anti-crime est la priorité des priorités, a salué "l'attitude constructive" de M. Obama.
Commerce bilatéralLe commerce bilatéral constituera un autre thème majeur de la visite de M. Obama, en cette période de crise mondiale et de récession américaine. Le Mexique, deuxième économie d'Amérique latine derrière le Brésil, dépend en effet de Washington pour 80% de ses exportations, et les dollars envoyés à leurs familles par les quelque 12 millions de Mexicains émigrés aux Etats-Unis, dont la moitié clandestinement, représentent la deuxième source nationale de devises, derrière le pétrole et devant le tourisme.
Ces travailleurs mexicains, la plus grande communauté d'immigrés aux Etats-Unis, espèrent beaucoup de M. Obama qui aurait l'intention, selon le
New York Times, de légaliser les travailleurs clandestins dès cette année. Autre sujet, un contentieux commercial avec l'augmentation de droits de douanes mexicains sur près de 90 produits industriels et agricoles américains pour une valeur de 2,4 milliards de dollars en 2007.
Mexico a répondu ainsi à l'annulation par le Congrès américain d'un accord bilatéral sur la circulation des poids-lourds au-delà des zones commerciales frontalières. (afp/acx)