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L'Afghanistan et le Pakistan s'engagent à coopérer

Le président Barack Obama a obtenu mercredi de ses homologues afghan et pakistanais réunis à Washington l'engagement à surmonter leurs vieilles suspicions pour combattre ensemble l'extrémisme.

Le même jour, des dizaines de milliers de personnes fuyaient de violents combats entre l'armée et les talibans dans le nord-ouest du Pakistan. Et la police rapportait la mort de dizaines de civils dans d'autres combats, de l'autre côté de la frontière, entre les forces internationales et les talibans afghans.

Nouvelle stratégie
Devant l'intensification de la violence en Afghanistan et la progression des talibans au Pakistan, M. Obama a ordonné une nouvelle stratégie intégrant les deux grands voisins et les pressant de coopérer malgré des relations difficiles. Il a réuni pour la première fois depuis sa prise de fonctions les présidents afghan Hamid Karzaï et pakistanais Asif Ali Zardari. S'il fallait en croire les déclarations publiques, M. Obama a été entendu.

"Ma démocratie se montrera à la hauteur, le peuple pakistanais se tiendra aux côtés du peuple américain et du peuple afghan", a assuré M. Zardari, dont la politique au cours des dernières semaines (d'un accord de paix avec les talibans à l'apparente lenteur de réaction de l'armée quand cet accord a été brisé et que les talibans se sont dangereusement approchés d'Islamabad) a vivement préoccupé l'administration américaine.

"Pakistan et Afghanistan sont des frères siamois", a renchéri M. Karzaï, jurant que l'Afghanistan ferait "tout son possible pour apporter la paix et la prospérité à nos deux pays". "Ce processus montre de premiers signes très prometteurs", a dit la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton après ses entretiens avec les deux hommes, que M. Obama recevait ensuite séparément, puis ensemble à la Maison Blanche.

Optimisme
A certains égards, ces discussions ont représenté "une percée", a-t-elle dit. L'objectif pour Washington est de faire en sorte que, malgré l'histoire et les suspicions, les deux pays coopèrent enfin, en particulier à la frontière, mais aussi dans les secteurs commercial et agricole. Le gouvernement américain concède que tous les problèmes ne seront pas résolus du jour au lendemain.

Mais, alors qu'il y a peu, il soupçonnait publiquement le gouvernement pakistanais de capituler devant les extrémistes et s'alarmait ouvertement du risque que l'arsenal nucléaire pakistanais ne tombe entre de mauvaises mains, Mme Clinton s'est dite "impressionnée par les actions entreprises actuellement par le gouvernement pakistanais". Elle a relevé la même détermination à produire la paix chez le président afghan.

Bombardement meurtrier

Les informations selon lesquelles des dizaines de civils, dont des femmes et des enfants, avaient été tués lundi dans des combats et des bombardements des forces américaines sont venues rappeler la difficulté de la tâche pour M. Obama en Afghanistan. Mme Clinton a dit que l'administration américaine regrettait "profondément" ces morts.

Si les Etats-Unis ont actuellement 45.000 soldats en Afghanistan, ils n'ont pas de présence militaire au Pakistan et recourent à des frappes aériennes depuis l'Afghanistan contre les extrémistes réfugiés de l'autre côté de la frontière.

L'administration Obama affirme ainsi la nécessité de renforcer l'assise du gouvernement pakistanais par l'aide économique. M. Zardari est clairement venu chercher à Washington une telle aide. Mais il a aussi dit qu'il aimerait avoir plus de drones. (belga)
07/05/09 00h11
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