Obama avertit l'Iran que "le monde" le regarde

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Par: rédaction
20/06/09 - 17h11

Le président américain Barack Obama a averti vendredi le gouvernement iranien que "le monde observe" son comportement, continuant à se montrer prudent malgré la pression des parlementaires qui refusent "le silence" face à la crise iranienne.

"Au vu de la teneur et du ton de certaines déclarations qui ont été faites, il me semble très important que le gouvernement iranien se rende compte que le monde l'observe", a déclaré M. Obama, tout en se gardant de condamner le pouvoir iranien.

Image extérieure
La façon dont les dirigeants iraniens "traiteront des gens qui tentent d'être entendus par des moyens pacifiques donnera, je pense, à la communauté internationale une bonne idée de ce qu'est ou n'est pas l'Iran", a ajouté le président américain, une semaine après la réélection contestée de l'ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.

De nombreuses manifestations de l'opposition ont depuis réclamé l'annulation de l'élection et l'une d'entre elle a dégénéré lundi avec la mort de sept manifestants. Amnesty International a établi pour sa part un bilan de 10 morts dans les différentes manifestations. De nombreux opposants ont été arrêtés et la presse étrangère s'est vu interdire de couvrir les manifestations.

Atteinte à la liberté
Les nouvelles déclarations de M. Obama interviennent juste après l'adoption par le Congrès américain d'une résolution pour soutenir les Iraniens "qui adhèrent aux valeurs de liberté, de droits de l'homme". La Chambre des représentants l'a adoptée par 405 voix contre une et le Sénat a adopté un texte similaire par acclamation.

"Nous ne pouvons soutenir le silence face à cette atteinte à la liberté et à la dignité humaine", a martelé vendredi le démocrate Howard Berman, président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, l'un des auteurs de cette résolution. Le débat fait rage à Washington depuis plusieurs jours sur les moyens de réagir aux événements en Iran, certains jugeant insuffisant le soutien de Barack Obama aux manifestants.

Son adversaire à la présidentielle de 2008, John McCain, a regretté les commentaires "tièdes" du président, qui avait dit mardi avoir de "profondes inquiétudes" concernant la présidentielle iranienne tout en estimant qu'il ne serait "pas productif" pour les Etats-Unis de se mêler de politique intérieure iranienne. La Maison Blanche a maintenu vaille que vaille cette ligne vendredi.

Prudence

"Nous ne devons pas servir de repoussoir ni de punching ball dans un débat qui se déroule en Iran entre les Iraniens", a déclaré devant la presse le porte-parole de M. Obama, Robert Gibbs, tout en refusant de durcir la position de la Maison Blanche envers le régime de Téhéran, même si, a-t-il dit, "beaucoup de gens aimeraient que nous soyons plus impliqués".

Il a souligné que l'on assistait "à quelque chose d'extraordinaire" en Iran, "que peu de gens auraient imaginé il y a encore quelques semaines ou quelques jours". Mais, interrogé à plusieurs reprises sur les déclarations du guide suprême de l'Iran Ali Khamenei, qui s'en est pris aux pays occidentaux et a mis en garde contre la poursuite des manifestations, M. Gibbs n'a pas répondu directement, rappelant seulement que M. Obama "avait condamné" les violences en Iran dans ses propos de mardi.

"Plus les Etats-Unis donnent l'impression qu'ils vont s'ingérer" dans la crise, "plus ce sera nuisible" à l'opposition, a expliqué sous le couvert de l'anonymat un haut responsable, résumant la position de l'administration. (afp)

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