Les théoriciens du complot contestent à Obama le droit d'être président

Devant les tribunaux, plusieurs plaintes arguant que M. Obama n'est pas né sur le sol américain ont été rejetées tandis que la Cour suprême a refusé de se saisir du dossier.
Aux Etats-Unis, un noyau dur d'incrédules, partisans d'extrême-droite ou adeptes de la théorie du complot, refuse d'admettre que le premier président noir, Barack Obama, soit né Américain et qu'il puisse être à la Maison Blanche.

"Birthers"
Sur les blogs et même devant les tribunaux, les "Birthers", comme ils se nomment, s'appuient sur la Constitution qui stipule que seul un citoyen né sur le sol américain est éligible.

Malgré les preuves et la publication de l'acte de naissance du président, les rumeurs ne désarment pas au sein de cette nébuleuse constituée de milices d'extrême-droite, de mouvements racistes ou négationnistes.

Groupes racistes ou d'extrême droite
"Ces gens sont fondamentalement soit racistes, soit d'extrême-droite. Ils ne supportent pas de voir Barack Obama président, largement parce qu'il est noir mais aussi parce qu'il est progressiste", résume Mark Potok, du Southern Poverty Law Center, un organisme qui étudie les groupes extrémistes.

Sur des sites comme WorldNetDaily.com, qui revendique quelque 400.000 visiteurs, les "Birthers" brandissent chaque jour de "nouveaux doutes sur l'histoire de la naissance d'Obama". L'un d'eux a même tenté en vain par trois fois de vendre sur e-bay un prétendu acte de naissance... émanant du Kenya, pays d'origine du père d'Obama.

Faux acte de naissance
Devant les tribunaux, plusieurs plaintes arguant que M. Obama n'est pas né sur le sol américain ont été rejetées tandis que la Cour suprême a refusé de se saisir du dossier. En début de semaine, les autorités de l'Etat d'Hawaï ont dû assurer que Barack Hussein Obama était bien né à la maternité de Kapiolani à Honolulu, le 4 août 1961 à 19H24 locales.

La Chambre des représentants a elle-même voté lundi un texte, sans valeur de loi, réaffirmant symboliquement, à l'occasion du 50e anniversaire de l'entrée d'Hawaï dans l'Union, que "le 44e président des Etats-Unis est né à Hawaï".

"Tradition de la théorie du complot"

"Dans notre pays, il y a une tradition de la théorie du complot, cela fait partie de la culture de la contestation. Ces gens ont peur que le gouvernement soit noyauté par une élite secrète qui, au cours de l'histoire, a été représentée par les francs-maçons, les catholiques ou les banquiers juifs", rappelle Chip Berlet, politologue au Political Research Associates (PRA), un centre qui suit les mouvements d'extrême-droite.

Il souligne que Bill Clinton a aussi été l'objet de théories du complot selon lesquelles le président démocrate cherchait l'aide de l'ONU pour confisquer toutes les armes sur le sol américain.

Des médias irresponsables

Limitées à un auditoire de quelques centaines de milliers de sympathisants, ces théories sont toutefois relayées par des animateurs d'émissions écoutées comme Lou Dobbs sur CNN ou Rush Limbaugh sur les radios.

"D'un côté, vous avez ces mouvements racistes blancs, de taille relativement modeste mais très vindicatifs, de l'autre ces vedettes des médias qui jettent de l'huile sur le feu à la télévision", ajoute Chip Berlet.

Croissance des groupes racistes
"C'est une dynamique très dangereuse", dit-il, soulignant que depuis l'élection du premier président noir, neuf meurtres racistes ou extrémistes ont été commis dans le pays.

Selon le Southern Poverty Law Center, on comptait 926 groupes racistes en 2008 aux Etats-Unis contre 602 en 2000, soit une hausse de 54%. "Je pense que c'est très significatif et que ces chiffres continuent de grimper, le monde des racistes blancs ayant été dynamisé par l'élection d'un Noir à la Maison Blanche", selon M. Potok. (belga/th)
30/07/09 10h10
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